mercredi 20 juin 2007

SOS pour une émission d'utilité publique

Après douze ans de bons (voire très bons) et loyaux services, Arrêt sur Image tombe le rideau. La direction de France Télévision a en effet brutalement décidé de déprogrammer ce petit bijou du service public. Pourtant, des émissions de cette qualité ne sont pas foule dans le monde du petit écran... vous savez, ce genre d'émissions qui entretiennent votre esprit critique et vous soutiennent dans votre appréhension et compréhension autonome du monde qui vous entoure.

Alors si vous pensez autant de bien que moi de cette émission, et de l'équipe qui la gère, rendez vous ici pour leur apporter votre soutien.

Quand on sait que FOG et Ripostes ont failli subir le même sort, on ne peut que s'inquiéter pour l'avenir des programmes à vocation citoyenne...

mardi 19 juin 2007

La défaite oui, le tsunami non !

Non la gauche n’a pas gagné, mais qu’il est bon de perdre avec le sourire, de se dire que la casse est limitée voire, mieux encore, qu’il y en a aussi eu de l’autre côté. Nous avons gagné des sièges quand les autres en ont perdu…

Il faut d’abord remercier les électeurs de gauche, qui ont décidé de se mobiliser, et les électeurs de droite, qui croyaient la partie jouée. En effet, dans les circonscriptions remportées au second tour par la gauche, la participation a été plus élevée que dans celles où la droite l’a emporté (61.5 % contre 59.9 %). Malgré le comportement autodestructeur des dirigeants du PS, les militants et sympathisants ont renouvelé leur confiance et ont surtout montré leur volonté d’imposer une opposition, non pas ridicule comme le prévoyaient les sondages, mais réelle. Comme le souligne Le Monde, « à cela s'ajoute une autre explication qui illustre en partie la théorie de l'électeur "stratège", formulée par les politologues Philippe Habert et Alain Lancelot. La gauche s'est d'autant plus mobilisée que le duel s'annonçait incertain ».
C'est ce mécanisme de légère remobilisation qui a profité par exemple à Arnaud Montebourg en Haute-Saône, à Jérôme Cahuz dans le Lot-et-Garonne, à Michel Vuilqué dans les Ardennes, à Jean-Louis Bianco dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Michel Delebarre dans le Nord ou à Marylise Le Branchu dans le Finistère. Ces territoires enregistrent ainsi un sursaut de participation de 2 de 5 points.

Il faut aussi remercier les électeurs du MoDem dont le report s’est surtout exercé sur les candidats de gauche. En effet, selon un sondage CSA, 55 % ont voté pour un candidat de gauche au second tour contre 28 % pour un candidat de l’autre bord. Le MoDem s’est en partie vu vidé de sa substance par les traîtres du Nouveau Centre. La partie plus à droite de son électorat a suivi les transfuges avant le premier tour des législatives, ce qui fait aujourd’hui du MoDem, structurellement, un parti plus centre gauche qu’avant.

Il faut finalement rendre à César ce qui est à César, Laurent Fabius a sauvé un paquet de candidats avec sa manœuvre politicienne digne du vieux briscard roublard qu’il est. Lorsqu’au soir du premier tour, il interroge Borloo sur la TVA sociale, il lance un pavé dans la marre qui n’a cessé durant la semaine de propager ses ondes (jusqu’à la punition de Borloo lui-même). Les électeurs commencent dès lors à mieux comprendre la politique engagée par Sarkozy, véritable politique de classe en faveur des nantis. D’un côté la suppression des droits de succession et le bouclier fiscal, économies d’impôts qui bénéficient principalement aux classes aisées de la société. De l’autre, la déduction des intérêts d’emprunt sur 5 ans et plafonnée (soit une économie minime), un SMIC juste relevé du niveau de l’inflation, et la TVA dite sociale dont les effets sur le pouvoir d’achat peuvent être néfastes… Si l’on regarde attentivement ces mesures, il est facile de voir ce qu’il ne faut pas être dans la société de Monsieur Sarkozy.

Maintenant, cette défaite dans l’honneur du PS (et de la gauche) ne doit par faire oublier que c’est bien une défaite, et qu’elle s’inscrit dans une suite plus que lassante pour l’électorat. Le PS ne doit pas voir ce second tour comme un retour, mais comme une dernière chance accordée par les électeurs. Il est temps maintenant de procéder à l’inventaire de cette série d’échecs, d’en tirer les conséquences, et de s’atteler courageusement à la refondation du parti…

jeudi 14 juin 2007

Sarko fait le grand 8 II

Analyse de la situation sur Rue 89... Il est clair que la prestation de notre bien aimé Président est critiquée par nombre de journaux étrangers, mais chez nous, on ne sait pourquoi, c'est le silence radio... Ah ces gens qui parlent de contrôle des médias, quels paranoïaques !

mercredi 13 juin 2007

S'ils pouvaient vous entendre, Monsieur Attali...

Un constat amer, dur à accepter mais nécessaire à lire et méditer...

La TVA a-sociale

On nous l’a un peu sortie du chapeau celle là, sans nous prévenir. C’était dans les cartons mais on s’est bien gardé de la faire figurer dans la liste du déménagement. Depuis quelques jours, une rumeur prend peu à peu forme, la « TVA sociale ». Vous noterez le terme social qui suit celui de TVA. Et oui, ça c’est de la pub, le sens de la communication, parce que envoyer la TVA toute seule, c’est un peu casse pipe, alors qu’y mettre une dose de solidarité, ça fait « rupture »…

Pour rappel, la TVA est l’impôt des consommateurs. Les professionnels, eux, facturent la TVA mais peuvent ensuite la déduire. C’est donc nous, dernier maillon de la chaîne consumériste, qui en supportons le poids. En outre, l’impôt est aveugle, du plus pauvre au plus riche, tous subissent le même taux, sans aucune distinction. Les statistiques montrent qui plus est que ce sont les plus démunis qui en payent le prix fort : pour les 10 % des ménages les plus pauvres, la TVA représente déjà 8 % de leur revenu alors qu’elle n’en représente que 3 pour les 10 % les plus riches.

Alors que dire de la « TVA sociale », c’est-à-dire, en termes moins démagogues, que penser de la hausse de la TVA.

Pour être synthétique, elle devrait permettre deux choses : alléger la taxation du travail et se protéger un peu plus de la concurrence des produits étrangers.

Le principe est simple : aujourd’hui, ce sont les entreprises, au travers des cotisations patronales, qui financent la protection sociale. Le but est de la mesure est dès lors de transférer une partie de cette charge sur les consommateurs, pour fiancer indirectement une baisse des charges patronales. Cette baisse est sensée déclencher un cercle vertueux synonyme de relance de la croissance. En effet, la baisse des charges permet d’alléger le coût du travail et ainsi d’accroître la compétitivité prix des entreprises françaises. Cette compétitivité est également soutenue par la hausse de la TVA qui produit un double effet. D’une part, la baisse du coût du travail associée à l’exonération de TVA sur les exportations doit permettre aux sociétés nationales d’augmenter leurs ventes à l’étranger. D’autre part, les produits importés deviennent moins attractifs dans la mesure où les sociétés étrangères se voient appliquer un taux de TVA plus élevé sans bénéficier d’un allègement du coût du travail.

Mais le problème des sciences économiques, c’est que rien n’est jamais si simple…

Quand on sait que l’un des problèmes majeurs de notre économie, c’est le pouvoir d’achat, s’entendre dire que la TVA risque d’augmenter de 5 points, il est difficile de ne pas sourire. Selon Thomas Piketty, économiste émérite, « à chaque fois qu'un gouvernement a augmenté la TVA, cette hausse s'est répercutée sur les prix. Pas à 100%, c'est vrai, mais en moyenne à 60% ou 70%, selon les secteurs ». Alors oui les entreprises vont bénéficier d’allègements fiscaux devant permettre une baisse des prix, mais la TVA dites sociale en annihilera tous les effets au plan national. Et c’est bien pour ça que le MEDEF, s’il soutient la baisse des charges patronales, est plus sceptique à l’idée de la hausse de la TVA. Le danger pour la France est donc de voir repartir l’inflation, chose que la consommateur français, ainsi que la BCE, verraient d’un mauvais œil…

S’agissant de la protection du marché national, là aussi, il faut regarder la vérité en face. De quelle concurrence parle-t-on ? De celle des pays du sud bien sûr. Quand le coût du travail est de 0.6 dollars de l’heure en Chine, ce n’est pas une hausse de 2 à 5 points de la TVA qui va y changer grand-chose. Alors certains avancent l’exemple de l’Allemagne. C’est une erreur. Si l’Allemagne a vu sa balance extérieure se redresser miraculeusement, la hausse de la TVA n’y est pour rien. Notre voisin a simplement compris depuis longtemps quelle était la stratégie à adopter dans un monde globalisé, il a misé sur la compétitivité hors prix. Il ne s’agit pas de rivaliser avec les produits des pays du sud sur la base des prix, mais sur la qualité, sur l’innovation ou encore la fiabilité. Il s’agit aussi de se spécialiser dans des secteurs encore inaccessibles pour les pays du sud : haute technologie, pharmaceutique, aérospatiale et j’en passe…

Pour finir, il convient à nouveau de souligner l’aspect inégalitaire de cet impôt, qui touche indifféremment plus riches et plus pauvres, ces derniers en ressentant davantage le poids sur leur budget…

lundi 11 juin 2007

Sarko fait le grand 8

Pour se remonter le moral, une petite video de notre cher Président au G8... Elle vaut vraiment le détour.

Gueule de bois

Il y a des matins comme ça où on se lève avec la bouche un peu pâteuse, la gueule de bois en prime, et on sent que la journée va être longue. Le 7 mai, des millions de français s’étaient réveillés dans le même état, ils ont la chance de recommencer aujourd’hui. Non pas que l’on ne s’y attendait pas à cette déferlante bleue, tout le monde nous avait prévenu, mais ça fait quand même mal quand elle vous retombe dessus. Les journaux n’ont plus de mots pour définir cette « vague », ce « tsunami » ou encore ce « raz de marée » (vous noterez que les termes employés ne sont pas très positifs) et je n’ai pas de mots non plus pour parler de l’effondrement de la gauche. Cette expérience traumatisante amène à plusieurs constats.

En premier, le sursaut démocratique des élections présidentielles est noyé dans l’œuf. 39 % d’abstention, avec des pics à 46 % dans certaines banlieues, les français ont définitivement tourné le dos à cette échéance. Le sentiment que tout était joué y est pour beaucoup, mais il y a des éléments plus structurels qui interpellent. Les banlieues se sont à nouveau détournées de la politique. Elles avaient voté en masse pour Royal lors des présidentielles, dans un réflexe tout sauf sarko. Maintenant qu’il est élu, les gens ne voient pas l’intérêt de voter et ont « accepté » leur sort, résignés. Ils trouvent également l’élection législative plus complexe, avec la multiplication des candidats notamment, et donc moins parlante.

Outre cette observation, il est possible de percevoir une tendance plus générale, la perte d’intérêt des législatives. Les citoyens voient bien aujourd’hui que les pouvoirs sont entre les mains d’un président omnipotent, et s’interrogent encore sur les réels pouvoirs de l’Assemblée. En effet, dans la configuration qui se profile, elle ressemblera davantage à une chambre de confirmation des volontés de l’exécutif qu’à un véritable pôle de débat et de décision.

Il est facile de jeter la pierre à la droite me direz vous, quand on sait que la gauche en a fait de même. Je suis tout à fait d’accord, et je demeure convaincu que pour le bien de la démocratie, une réforme du mode de scrutin est nécessaire. Elle introduirait un débat plus constructif en renforçant la représentativité de l’assemblée et raviverait l’intérêt des citoyens. Une telle élection, primordiale dans notre république, ne doit pas faire office de la simple confirmation de la présidentielle.

Deuxième constat, ce qu’avait prévu Bayrou se vérifie aujourd’hui dans les faits. Avec 4 députés possibles au maximum, et des personnalités telles Cavada en ballottage défavorable, le MoDem se prépare à une longue et difficile traversée du désert. Avec si peu de députés, je me demande comment ils vont s’organiser dans la mesure où ils sont trop peu pour former un groupe

Le scrutin d’hier ne se contente pas de confirmer les dires de Bayrou, il met également en danger la stratégie du MoDem. En effet, 40 % de ceux qui avaient voté Bayrou au premier tour des présidentielles se sont portés hier sur un candidat UMP. Le pourcentage est inquiétant pour le néo parti et un siphonage des électeurs centristes (déjà commencé) est à craindre. D’autant plus que le Nouveau Centre d’Edgar Morin, transfuge de l’UDF et actuel Ministre de la Défense, réalise un score raisonnable, bénéficiant à plein du désistement de l’UMP dans nombre de circonscriptions. Je renvois à un post précédent où j'analysais la stratégie de Bayrou et ses possibilités politiques. Il est clair que pour un tel parti, encastré dans une bipolarisation qui se confirme avec ces législatives, la prise de pouvoir ne passe que par la présidentielle...

Finalement, un coup de gueule rapide. Après les déclarations de Manuel Valls hier, qui avouait en avoir « assez que la vie politique tourne autour de la vie d'un couple », les deux tourtereaux n’auront pas patienté plus de 24 heures pour remettre ça. L’une qui appelle à se rapprocher de Bayrou, l’autre non. Le PS devient tellement inaudible que cela en devient vraiment énervant. Comment convaincre les français quand on n’est pas capable d’afficher une ligne claire et unie ? Il est bon et sain d’avoir des divisions, mais on les règle en interne, pas par média interposé, surtout quand en principe on dort en plus dans le même lit.

C’est triste de voir ce que ces gens sont en train de faire du PS…

vendredi 8 juin 2007

Quand la gauche parle économie

DSK est décidément très prolixe ces derniers temps… Après avoir présenté son programme pour la refondation de la gauche, il a récemment publié, sur son blog, une ébauche de programme économique.

L’économie est un pan de la politique que la gauche a trop longtemps refusé de considérer, ou l’a fait sans accepter de prendre en considération la réalité et le monde changeant. Or il s’agit aujourd’hui d’un enjeu clé pour la France et le Français. Ségo a fait les frais de cette ignorance, les électeurs lui reprochant notamment le vide de son projet économique.

DSK a le mérite de s’y atteler. J’aurais quatre petites remarques à faire sur ses arguments.

Sur la mondialisation d’abord. Le développement qu’il en fait renvoie directement aux idées développées par les archanges de la « troisième voie », Giddens, Brown et Blair. Le constat qu’il fait est tardif mais salvateur et je vous renvoie à mon post sur le sujet pour aller plus loin...

Sur le social dans l’économie. Accepter de lier économique et social, faire en sorte que chacune de ces forces supporte l’autre, c’est enfin comprendre que les forces en jeu dans l’économie, nationale et mondiale, ne sont pas toutes néfastes à notre modèle social. Il faut apprendre à appréhender ces forces, les comprendre et enfin les réguler. En sens inverse, une politique sociale bien menée a toujours des effets positifs sur l’économie et je vous renvoie à l’article pour les exemples.

Sur les politiques durables. Il n’est pas le premier à faire cette proposition. Je l’ai en effet lue dernièrement dans le livre de Rocard (qui le disait déjà il y a de ça 20 ans) mais je suis sûr que par avant, de gauche comme de droite, nombre de personnes se sont rendues. Il est aberrent de voir que ce que chaque gouvernement fait en premier en arrivant au pouvoir, c’est souvent de démonter ce qu’a fait le précédent. Il est impossible en France de s’inscrire sur la durée, comme ont pu le faire Blair et Brown. Les dirigeants préfèrent aux politiques structurelles qui modifient en profondeur l’économie et dont les premiers effets se font sentir sur le long terme, les politiques conjoncturelles, les effets d’annonce dont le résultat est rapidement visible et peut être placé comme argument électoral. Il ne s’agit pas de satisfaire les besoins de la France, mais de marquer rapidement quelques points pour l’échéance politique suivante.

Finalement, sur la question du modèle social. J’adhère, j’adhère et j’adhère à nouveau. La gauche mise tout sur la distribution répartitrice. Il en faut c’est sûr, mais il convient surtout de prendre le mal à la racine et de mettre en œuvre des politiques sociales préventives, tendant à renforcer l’égalité dès le plus jeune âge. C’est pour cette raison qu’il faut absolument investir dans l’éducation, moteur de l’ascenseur social. Beaucoup de problèmes actuels trouvent leurs sources dans les lacunes de l’accompagnement des jeunes : violence, chômage, sectarisme… Ce n’est évidemment pas la solution à tous les maux mai il s’agit d’un élément primordial pour l’avenir.

mercredi 6 juin 2007

La rupture a un coût

Il était de bon ton, pendant la campagne, de moquer les programmes économiques de Royal et Bayrou pour leur soi disant prix et irréalisme. Sarko était largement passé entre les gouttes, grâce aussi à un réseau très influent. Rappelons nous de l’expertise économique de Rexecode (qui avait aussi été un moment fort du débat télévisé), dont Sarko se targuait avec délectation… Un pétard mouillé, dont l’objectivité était toute relative (à l’image de l’honnêteté politique de Monsieur Sarkozy peut être…).

Pourtant, en moins d’un mois, le Président de la République vient d’amputer les recettes de l’Etat d’un montant de 11 milliards d’euros (si on fait le calcul, cela représente 110000 voyages à Malte à dos de Paloma) : 5 milliards d’euros pour la défiscalisation des revenus des étudiants et de 4 à 6 milliards pour le projet de détaxation des heures supplémentaires. Et encore, ces estimations sont faites par le gouvernement lui-même, aussi indépendant que Greenpeace quand il parle d’OGM. Sommes auxquelles il faudra ajouter en temps voulu le coût du bouclier fiscal, qui ne devrait pas non plus être négligeable. Alors on peut se dire que ces projets ont des visées électorales et qu’une fois l’Assemblé bleutée, on reviendra à plus de raison, mais en attendant…

Je ne questionne pas les mesures en elles-mêmes (je suis d’accord avec la première par exemple), je m’interroge simplement sur la multiplication des cadeaux auxquels il faut trouver un contre poids si l’on ne veut pas laisser le déficit filer. J’ai entendu Copé affirmer que les économies viendront de la rationalisation de l ‘administration. Je n’ai pas envie d’être méchant, mais c’est un peu l’argument fétiche des tous les politiques, de gauche comme de droite, depuis des décennies. Depuis, on a dû en faire des économies ! Peut être que Sarkozy voyait déjà poindre les soucis lorsqu’il a refusé la grâce présidentielle aux contrevenants et autres, voilà une technique pour se refaire quand on a tout perdu au casino de la campagne pour les législatives.

A l’heure actuelle, au regard des choix du gouvernement, il faut s’en remettre à Keynes pour espérer une fin heureuse. En effet, les deux politiques précitées touchent aux salaires et visent à renforcer le pouvoir d’achat des français. Leur raison d’être repose sur une logique bien économique du cercle vertueux: hausse du pouvoir d’achat, hausse de la consommation hausse de l’investissement et pour finir croissance économique. Un seul grain de sable dans la machine (hausse des importations comme en 83, épargne des valorisations de salaires, investissement des entreprises à l’étranger…) et toute la machine se grippe. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts…

lundi 4 juin 2007

"La gauche du réel" de DSK II

Jean Christophe Cambadelis, fidèle de DSK, répond ici aux questions des internautes. Il faut mettre cette intervention dans la lignée du programme de DSK, décrit dans un post précédent.

Il est rassurant de voir que la mouvance de l’ancien Ministre des Finances n’a plus peur de s’afficher en tant que social démocrates, et n’hésitent plus à faire la promotion de leurs idées, si longtemps corsetées dans la politique de rassemblement à la Hollande.

Cambadelis fait également référence à Rocard, et j’en suis content. J’en profite pour passer un petit message. Je connais encore peu le personnage mais je vous conseille la lecture de Si la gauche savait, qui retrace sa vie politique. Depuis maintenant une trentaine d’années, avec peu de succès malheureusement, il défend des idées sociales démocrates et a toujours mis en avant l’importance de l’économie. A la lecture du livre, j’ai l ‘impression qu’il était en avance sur son temps, en termes de réforme de l’Etat, de décentralisation, de responsabilité politique ou d’économie sociale. Et il est rare de voir un homme politique parler avec autant de franchise et d’ironie. Un livre à lire, vraiment…

dimanche 3 juin 2007

Boat Presidents

Je suis tombé par hasard sur un article interessant traîtant des vacances des présidents. Ce n'est plus vraiment d'actualité mais qui sait, dans 5 ans, vous pourrez peut être le ressortir...

"La gauche du réel" de DSK

DSK a publié cette semaine dans le Nouvel Obs son programme pour la refondation de la gauche. Il ne prône pas « la » rupture, mais bien « trois » ruptures… le mot est à la mode et la mode à la surenchère. Simplement, dans le cas de l’ancien Ministre des Finances, ces trois ruptures visent avant tout le PS, et la gauche dans son ensemble, qu’il est temps de réformer (enfin…).

Le moment est en effet venu (avec un retard d’au moins 5 ans tout de même…) de mettre fin à un cycle du mouvement socialiste, qui a connu ses succès mais qui aujourd’hui est plus que désuet. Ce cycle, c’est le cycle d’Epinay, par référence au Congrès de 1971 qui unifia nombre de partis et de mouvements de gauche dans le sus nommé Parti Socialiste. On doit le PS d’Epinay à Mitterrand, qui l’a bâti autour de sa personnalité, à coup de comportements visionnaires et de magouilles politiciennes. La France est telle que les mouvements politiques se construisent toujours autour de personnalités hors du commun : De Gaulle, Mitterrand, Chirac et, plus récemment, Sarko (que ça me fait mal de l’écrire)… Qu’on les aime ou non, ils ont été les pivots de l’évolution de la politique française et de son changement. Chacun en son temps avait un coup d’avance sur ses adversaires et savais user, avec dextérité et manière, du zeste de populisme qui fait la différence.

Le PS (et ce qu’il reste de la gauche) a aujourd’hui besoin d’une telle personnalité apte à réformer en profondeur le parti et son idéologie. Ségolène a bien essayé mais, question de temps ou de compétence, elle n’a pas réussi. Je la place néanmoins dans les candidats à ce rôle.

Strauss Kahn, sans grande surprise, se lance à son tour dans la course, avec un credo : « le socialisme du réel ». Très joli, et on se doute que des gens ont passé des nuits blanches à pondre ce slogan, mais qu’entend il par là.

Il part d’un constat, le cycle d’Epinay est achevé. Outre le fait avéré que le PS doit revoir ses alliances et se départir définitivement de tout référent révolutionnaire, il constate, et on lui en est gré, que la vision de la société es Epinay est elle aussi caduque. La société s’est transformée mais les grilles de lecture socialistes sont restées inchangées. Le prolétariat n’est plus uni. Il faut arrêter d’étudier les « problèmes économiques et sociaux à partir du triptyque couche populaire/classe moyenne/détenteur du capital, sous l’angle exclusif de l’affrontement et de l’équilibre entre ces classes sociales ». Oui ! Bien sûr que la société est plus compliquée et que les gens ne pensent plus en ces termes. Les « classes » ont implosés. DSK parle de « fragmentation sociale », deux mots pour signifier une France éclatée en milles univers : les jeunes de banlieues et les retraités des zones rurales, les travailleurs précaires, les salariés qui ne jugent pas toujours légitime l’effort fait en direction des moins bien lotis, ceux qui ont un CDI, ceux qui vivent dans une zone tirées par la mondialisation, ou en cours de désindustrialisation…

Sarko l’avait vu et s’en ai servi durant la campagne. Simplement, sa stratégie repose sur l’opposition de ces fragments sociaux, sur la recherche incessante de boucs émissaires. Cette vision l’a bien servie sur le court terme, mais mène à la catastrophe sur le long. On ne règle pas les problèmes en mettant l’exergue sur les différences, une telle attitude poussant inévitablement les fragments sociaux à se refermer sur eux même, accusant les autres de leurs maux et des malheurs du pays. La solution passe effectivement par une reconnaissances des nouvelles strates dans la société, mais cette reconnaissance doit être partie d’une politique globale de solidarité, les obligeant toutes à accepter les compromis et certains sacrifices. La politique globale se subdivise ensuite en approches plus différenciées selon les situations, mais reposent toujours sur un discours tendant à démonter que toutes les couches sont interdépendantes, et non opposées.

DSK propose trois voies à suivre pour la rénovation idéologique :

  • Le renouveau de l’Etat social : il est temps que la gauche accepte d’adapter le modèle social à de nouvelles réalités que sont la mondialisation, le vieillissement démographique et l’individualisme grandissant. Il faut faire face aux défis futurs et accepter les réformes difficiles, sans tabous (retraites, système de santé, marché du travail…). Il faut aussi en finir avec la stigmatisation des entrepreneurs. Il faut les considérer comme « d’authentiques acteurs du progrès social et non comme des ennemis de classe ». Merci DSK, c’est ce que je disais dans mon tout premier post…
  • Un nouveau compromis social : la gauche doit enfin se déterminer sur ses priorités politiques : chômage, partage de la VA, pouvoir d’achat, fiscalité… Enfin c’est beau ça mais il reste à proposer quand même…
  • « La construction par l’égalité réelle d’une société juste » : il ne ‘agit plus de rompre avec le capitalisme (enfin pour le coup, je pense que peu de gens au PS en étaient encore là…) mais de se battre pour l’égalité des sexes, raciale, générationnelle et territoriale. Mais surtout, il faut relancer l’ascenseur social. Je suis entièrement d’accord car la seule chance de réconciliation des fragments de la société, et par conséquent le meilleur moyen de mettre en oeuvre des politiques efficaces, c’est de permettre le mouvement social et mettre fin à la reproduction sociale qui demeure une réalité structurante de la société. Il est insoutenable de voir que Bourdieu a toujours raison…

Voilà, libre à vous de vous faire une opinion sur ce « programme ». Je trouve personnellement qu’il y a des airs de troisième voie dans tout ça…

vendredi 1 juin 2007

Break d'un petit mois...

Pour des raisons personnelles, je vais devoir m'éloigner quelque peu de l'administration de ce blog. Je vous reverrai donc dans un mois...

samedi 26 mai 2007

Espace détente

Dans ces moments de déprime politique profonde, dans lesquels chaque JT, de 13 heures ou 20 heures, est là pour vous rappeler à votre défaite et à la joie des vainqueurs, il nous faut chercher des refuges dans l’humour, seule place qui nous reste quand toutes les autres sont occupées par super sarko. C’est un petit moment de détente que je vous propose, de moquerie gratuite et méchante, mais qui parfois fait du bien, surtout au début d’un week end de trois jours où vous savez que le travail ne sera pas là pour vous faire oublier.

Donc voici les perles, l’une est purement humoristique, l’autre non, mais toutes deux, à leur manière, nous permettent de reprendre le dessus quelques instants. Elles proviennent du dernier canal non envahi par l’équipe présidentielle, seul endroit où l’on parvient encore à trouver de l’information : internet.

mercredi 23 mai 2007

Docteur Nicolas et Mister Sarkozy

Je voulais vraiment lui laisser le bénéfice du doute, à notre Président, croire que tout ce que j’entendais dépassait de loin la réalité. J’ai fais tout mon possible pour me convaincre que les Jofrin, Val, Kahn and Cie sombraient dans l’exagération, à crier au loup partout, à coups de unes assassines, souvenir de leurs années de lutte contre le Gaullisme et pour la libéralisation des médias. J’ai naïvement pensé que la peur suscitée par la reprise de nombreux médias français par de grands groupes industriels ou financiers provenait, pour une grande part, de la méfiance bien française vis-à-vis de la classe des patrons. Non, clairement, si je me doutais bien que, en off prime, les amitiés, accointances et pressions pouvaient produire un certain effet sur l’impartialité médiatique, je restais naïvement convaincu que cela demeurait un mal nécessaire difficilement quantifiable et que je pouvais, avec un semblant d’esprit critique, me fier à l’information que l’on me proposait.

Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai appris, à la lecture des propos de Martin Bouygues lui-même, que Monsieur Solly, directeur adjoint de la campagne de Sarko, venait d’être recruté par TF1 et, cerise sur le gâteau (tant qu’on y est, autant y aller avec les bottes…), deviendrait sous peu Directeur Général Adjoint de TF1, rien que ça. Pourquoi !

Déjà, quelle énormité politique ! On ne cesse de le critiquer sur ce point mais cela n’empêche pas notre Président de faire jouer ses relations pour permettre la nomination de l’un de ses lieutenants à un poste de haute responsabilité dans le média le plus influent de France. Pure arrogance ! Quelle erreur politique, vraiment, de faire cela maintenant. Après Malte, il les additionne…

En fait, maintenant élu, Sarko est entièrement décomplexé et affiche son vrai visage que, malheureusement, 53 % des Français n’ont pas vu. Il n’a plus peur et semble croire que plus rien ne peut l’atteindre. Je suis choqué par cette nomination et je rejoins définitivement, aujourd’hui, le camp des « crieurs au loup » que j’aurais dû croire bien avant. Alors certain diront que ce n’est pas bien grave, et je voudrais leur faire passer cette idée rapidement. Je pense que l’instant choisi est révélateur du souci que l’on peut commencer à se faire. Sarko n’a pas attendu un moment où les caméras auraient été moins friandes de lui et son équipe, où la nomination aurait pu passer, sinon inaperçue, au moins beaucoup plus discrète, non, il l’a fait au grand jour. Cela révèle que pour lui, une telle action ne présente aucun risque pour sa popularité et son image, qu’il n’y a dès lors pas de raisons particulières pouvant l’empêcher de recommencer. Pour notre ami, c’est normal en fait. Alors préparez vous bien à la normalité, je sens que ce quinquennat va en regorger…

mardi 22 mai 2007

Faut-il en rire ou en pleurer ?

Je suis tombé par hasard sur cette vidéo, extraite de la chaîne soudienne Iqraa TV, réputée pour son orthodoxie fanatique...

Pour info, la chaîne s'était déjà distinguée en diffusant une série mettant en scène des Juifs oeuvrant à l'élimination de l'Islam du temps de Mahomet.

lundi 21 mai 2007

Quand les ministres se logent...

La bataille pour le logement est déclarée au sein de Paris, les ministres SDF doivent se partager le "gros" gâteau. Et l'on espère que cela se fera dans le calme, à en croire l'article, il y en a bien assez pour tout le monde (peut être trop ?).

samedi 19 mai 2007

Sarko Loft

Il souhaitait rompre avec les pratiques du passé engoncées dans une tradition au suave goût de naphtaline, on ne peut pas dire aujourd’hui qu’il avait menti. Entre Chirac et Sarko, il y a en effet un véritable Rubicon que le dernier s’est empressé de franchir suite à son élection. Jogging matinal (5 km par jour quand même…) autour du Fort de Brégançon ou dans le parc de l’Elysée avec le premier ministre, bains de foule à tout va, diner à la cantine d’Airbus à Toulouse… l’image que se donne Sarko est très éloignée de celle des précédents Présidents. Mais personnellement, ce qui me marque davantage dans toute cette nouvelle agitation à laquelle notre paisible pays n’était pas habitué, c’est la couverture médiatique. On a, heure par heure, dans tous les journaux télévisés, un compte rendu détaillé de l’emploi du temps du Président. On sait à tout instant où il est, ce qu’il fait, avec qui et comment… Le Sarko Loft a commencé, et vous avez déjà voté pour le garder.

Cette manière de présider est clairement à double tranchant. D’un côté, et on ne peut pas le nier, il donne un grand coup de « neuf » à la fonction, ç’en est même rafraichissant. En brisant l’image austère que ces prédécesseurs avaient dessinée, il nous convainc du rajeunissement du métier et de l’entrée dans un nouveau mode de gouvernement, plus actif et plus proche de nous. Alors après 5 ans d’un Elysée complètement passif et absent de la vie politique, avec un Chirac inaudible et tellement éloigné des réalités du moment, si bien qu’un fossé béant s’était creusé entre le peuple et le Président, ça fait vraiment du bien.

Maintenant, cette manière de présider peut être dangereuse pour le tenant du poste. Le caractère bicéphale de l’exécutif en France, avec un Président et un Premier Ministre, même s’il est plus institutionnel que réel, a un intérêt évident : préserver le Président. Il s’agit, d’une certaine manière, de le séparer du gouvernement et donc de le protéger des hauts et des bas de l’opinion. C’est pour cette raison que le Premier Ministre est en général qualifié de fusible, quand il est grillé, on le change, sans que le Président n’en ressente trop d’effets sur sa popularité. Et cette protection est utile dans nos institutions en évitant les risques de blocages. Le Président impulse mais c’est le premier ministre qui exécute, et qui, aux yeux de l’opinion, est seul responsable de son bilan à la tête du gouvernement. Ainsi, lorsque le Président veut changer de politique suite à un évènement extérieur (grèves massives, hausse du chômage, chute de la croissance, chute de la popularité du premier ministre, crise gouvernementale…), il nomme un nouveau premier ministre pour suivre la nouvelle direction. Ce-dernier n’est pas tributaire du bilan du précédent, et dispose donc d’une popularité entière et de toute la marge de manœuvre d’un premier ministre nouvellement nommé. En d’autres termes, ce bicéphalisme permet de placer le Président au-dessus du gouvernement et de l’isoler de son bilan. Le Président dispose ainsi de plusieurs « chances » durant son quinquennat, car ce sera le premier ministre qui essuiera les effets des échecs, et il suffira d’en changer pour (quasiment) repartir à O.

Sarko, dans sa façon de gouverner, se prive de cette possibilité. Il est presque contraint de réussir du premier coup, sans accrocs, car il aura plus de mal que tout autre Président avant lui d’user de ses « chances » comme je le dis plus haut. Un échec (que je ne lui souhaite pas) dans la mise en œuvre sa politique, pourrait avoir des répercussions dramatiques, dans la mesure où il lui serait particulièrement difficile de changer de politique tout en conservant une marge de manœuvre suffisante pour la mener à bien. En effet, en se mettant en avant de cette manière, en s’affirmant comme le véritable chef du gouvernement et en agissant comme un super premier ministre, il se lie de facto, aux yeux de l’opinion, au bilan du gouvernement. Il n’est plus au-dessus du fusible, il est le fusible. Le problème est que le Président, on ne peut pas le faire sauter…

vendredi 18 mai 2007

La pêche de Sarkozy

Je ne l'aurais pas mieux dit...

La composition du nouveau gouvernement

Alain Juppé : ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables
Jean-Louis Borloo : ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi
Michèle Alliot-Marie : ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales
Bernard Kouchner : ministre des Affaires étrangères et européennes
Brice Hortefeux : ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement
Rachida Dati : garde des Sceaux, ministre de la Justice
Xavier Bertrand : ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité
Xavier Darcos : ministre de l’Education nationale
Valérie Pécresse : ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Hervé Morin : ministre de la Défense
Roselyne Bachelot-Narquin : ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports
Christine Boutin : ministre du Logement et de la Ville
Christine Lagarde : ministre de l’Agriculture et de la Pêche
Christine Albanel : ministre de la Culture et de la Communication, Porte-Parole du Gouvernement
Eric Woerth : ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique
Roger Karoutchi : secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement
Eric Besson : secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques
Dominique Bussereau : secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, chargé des Transports
Jean-Pierre Jouyet : secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé des Affaires européennes
Martin Hirsch : haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté

Le vote UDF au second tour...

Je suis tombé par hasard sur un blog très interessant, baigné dans l'analyse des sondages et la structure du vote aux présidentielles. C'est un peu technique mais très bien fait quand on accepte de s'y attarder (en plus le blog ressemble beaucoup au mien, promis je ne le connaissais pas avant...).
Bonne lecture, avec un petit + pour l'analyse du vote UDF au second tour... C'est en voyant le panel centriste que l'on appréhende dans toute sa mesure la difficulté que Bayrou aura pour mener son projet à bien...

mercredi 16 mai 2007

De la responsabilité journalistique...

Pendant 5 ans, la politique française a surpris par sa prévisibilité et sa platitude, à l’exception de quelques coups de chaud au moment des émeutes (aucun mauvais jeu de mots ici…), du referendum sur la constitution européenne et du CPE. Débats stériles, opposition stéréotypée, ligne gouvernementale inaudible et incompréhensible, derniers mois poussifs… Ce sont des évènements extérieurs qui ont donné le la à la vie politique du pays et ont impulsé les plus houleux engagements, et non l’action de nos représentants. Mais depuis peu, depuis le lancement de la campagne, on est passé à la vitesse supérieure, il devient difficile d’ingurgiter l’information quotidienne tant elle est copieuse, parfois indigeste. On avait perdu l’habitude… Ne parlons pas de cette période post électorale. Les politiques sont montés sur ressorts. Mon cerveau est en pleine ébullition et mon organisme est tout dérangé par l’électricité ambiante, l’encéphalogramme à la limite de l’explosion. Chaque jour a son lot de surprise. D’une certaine manière, ce mouvement constant fait presque oublier la défaite, ou en tout cas il en atténue les effets sur mon moral. Donc pour aujourd’hui, je propose un billet « littérature de comptoir ».

La femme fatale (rien que le titre laisse dubitatif sur l’objet de l’ouvrage…), est le dernier né d’une longue série de livres, sur les politiques de gauche comme de droite, à vouloir surfer sur la vague de la présidentielle et la médiatisation accrue de la vie politique. Evidemment, on va me dire qu’ils l’ont bien cherché ces gens là qui mettent en avant leur vie privée pour servir leurs desseins publics, voilà un juste retour des choses au narcissisme. Je ne suis pas entièrement d’accord. Je ne veux pas débattre sur la qualité de ces productions littéraires (même si dans mon for intérieur je ne peux m’empêcher de haïr ces pratiques, cette manière de se servir de la vie des gens, en général pas la période la plus heureuse, pour vendre et ses remplir les fouilles, et j’ai toujours du mal à comprendre quel intérêt les gens trouvent dans ce voyeurisme loftstorien…), non, je préfère m’interroger sur un élément, le succulent argument de vente que l’on nous assène de plus en plus souvent : « vous comprenez, mon livre éclaire le débat politique ». Voici aurait dû y penser… Ainsi les deux journalistes du Monde auteures de La femme fatale ont expliqué que ce livre avait une vocation pédagogique : il s’agirait d’étudier les dysfonctionnements de la campagne liés aux houleuses altercations du couple déchu. Mais mesdames, toutes ces informations, vous qui êtes journalistes de l’un des quotidiens les plus lus et influents du pays, vous les aviez durant la campagne, moment où elles avaient effectivement une importance décisive pour nous tous, moment où le roman photo de la vie privée du couple Hollande-Royal (et surtout les répercussions sur les choix du parti) nous aurait aidé à comprendre certaines attitudes et certaines situations, à nous guider dans notre cheminement politique. Et c’est seulement durant la campagne que votre travail avait un véritable intérêt, la vocation de nous informer sur les déterminants des décisions de la candidate à la fonction de Président de la République. Alors oui, si le livre était sorti avant le grand choix, votre incursion inhospitalière dans la vie d’une famille et vos arguments promotionnels pouvaient se défendre. Mais pourquoi attendre 3 jours après les résultats pour nous les soumettre ? Pourquoi attendre la fin du match pour mettre toute la lumière sur les joueurs ? Ce n’est pas une question de gros sous j’espère, parce que ce n’est pas l’idée que je me fais du métier de journaliste…

PS : j’adresse aux auteurs de livres du même genre sur Sarkozy les mêmes interrogations et réflexions, qui n’ont, de ma part, aucune dimension partisane…

lundi 14 mai 2007

Koh Lanta au pays des socialistes

L’idée que je me fais de l’Homme politique (avec un grand H donc aucune misogynie dans mon propos), c’est celle d’une personne qui a la volonté de servir son pays et le peuple qui le compose, en faisant passer leurs intérêts avant les siens. L’intérêt public doit primer sur sa propre ambition et en aucun cas se concurrencer, c’est une question d’éthique politique mais surtout de respect vis-à-vis de nous, qui accordons notre confiance pour être dignement et honnêtement représentés. Il y a des évènements et des situations qui ne font pas honneur à la vie politique, qui vous conduiraient presque à lui tourner le dos tant ils reflètent tout ce que l’engagement public peut avoir d’abject et de pourri, tant ils nous donnent la froide impression qu’on se fout de nous. Certains parlent de « basse politique » ou de « politique politicienne », quand d’autres préfèrent l’expression « jeux politiciens ». On peut en citer de nombreux, les écoutes mitterrandiennes, le vrai faux suicide de Beregovoy, la trahison balladurienne ou encore, plus récemment, le retournement de veste de Luc Besson (il fait partie du Panthéon celui là) et la fuite des parlementaires UDF. L’image de la politique sort ternie, voire souillée, de ces moments, un petit goût amer dans la bouche que les extrêmes adorent.

Je trouve que le PS fait fort dans le genre ces derniers jours et vise des sommets de bêtises, laissant entrevoir un cataclysme durant les Législatives. Il faudrait demander aux dirigeants du PS quel est le but du jeu, qu’on participe. Plus on est de fous, plus on rit. C’est un genre de Survivor politique : « Ils sont partis à 5 (Ségo, DSK, Hollande, Fabius, Guigou… y en a d’autres mais je m’attarde sur les poids lourds). Dans un mois il n’en restera plus qu’un. Tous les coups sont permis, surtout les plus bas ». Ouah !!! Ca c’est sympa et intelligent, le moment est le mieux choisi, y a pas à dire. Vous donnez une image de la politique, et de vous-même, bien triste. N’est ce pas possible de mettre ses ambitions personnelles de côté encore un mois (même si vous n’y êtes pas vraiment parvenu pendant la campagne…), pour nous montrer, ou au moins nous laisser naïvement croire, que le parti est uni, en marche vers un objectif commun. On aura tout le temps pendant 5 ans de se tirer dessus et de régler les comptes, rien ne pressait. Il ne s’agit pas d’oublier les erreurs et de laver les responsabilités, il s’agit simplement d’attendre la fin des échéances électorales pour s’en occuper.

La maison était en train de brûler, merci de rajouter de l’essence…

En tout cas celle qui se gausse de cette vendetta, c’est la droite…

La Terreur is back

Il est temps pour vous tous de remplir votre devoir de citoyen, le nouveau devoir de tout un chacun depuis que Nico a pris le pouvoir : donner son voisin. La démarche est simple, rapide et efficace, le site de la délation mettant tout en oeuvre pour vous faciliter la tâche...

dimanche 13 mai 2007

Bayrou, balle au centre

Je viens de regarder Bayrou, invité par Sege Mouati dans Ripostes (émission par ailleurs très intéressante), ce qui m’amène à compléter ce que j'ai écrit dans mon précédent message DSK pour réformer la PS. En effet, le leader centriste du tout juste accouché MoDem y a clairement explicité la position qu’il souhaitait tenir, pour les 5 ans à venir. Il n’a fait aucun signe de rapprochement vers le PS (ni vers l’UMP) et entend donc poursuivre dans la voie de l’extrême centre qu’il s’était taillé durant la campagne. Sa démarche est claire : il veut créer un mouvement du centre autonome et capable de remporter des élections nationales et n’est intéressé par aucune alliance (globale en tout les cas puisqu’il ne s’interdit pas, de manière localisée et ponctuelle, de passer des accords avec gauche ou droite). Il est ainsi convaincu que ses idées « centristes » défendues durant la campagne peuvent trouver leur place au milieu de la bipolarisation actuelle. La démarche attire puisque le néo parti a déjà enregistré 52 000 adhésions.

Maintenant il est une question qui se pose, comment réaliser ce rêve centriste ? Parce que on voit bien la difficulté pour un tel parti d’exister au milieu de l’opposition gauche-droite, une opposition ancrée dans la tradition politique française et donc dans l’inconscient collectif. S’il veut remporter ce défi, Bayrou doit « changer » la politique en France, ainsi que le comportement de millions de gens qui ont ce réflexe presque naturel de bipolarisation. Il lui faut faire accepter l’idée que le pays peut être gouverné non pas par des idées piochées à gauche ou à droite, mais par des idées du centre, et ce n’est pas une mince à faire, en témoignent les « trahisons » de ses parlementaires, plus intéressés par le mandat que par leurs convictions.

Je pense en fait qu’un tel parti ne peut prendre des responsabilités nationales qu’en remportant les présidentielles. Ces élections sont particulières car centrées sur un homme et une personnalité et revêtent un caractère plus « passionné », moins rationnel. Il y a 4 mois j’aurais dit qu’une telle ambition était illusoire. Aujourd’hui il faut relativiser son propos. Les français ont découvert cette idée, 18 % ont déjà adhéré, et le reste de la population a le temps, pendant 5 ans, d’intégrer cette nouvelle donne, cette nouvelle possibilité dans leur choix. Ils ne la croyaient pas crédible avant, elle l’est devenue par la force des choses, il s’agit maintenant d’une alternative à la gauche et la droite. Reste pour Bayrou d’entretenir cet élan et de l’accompagner, certainement l’une des étapes la plus difficile de l’aventure. Car autant il est facile d’exister pendant une campagne, autant il est facile de disparaître en dehors. Il est donc essentiel pour lui de placer des hommes à l’Assemblée, tribune de laquelle il peut faire parler de lui et ses idées, seule voie du salut pour 2012…

DSK pour réformer le PS ?

Les sondages pullulent mais ne se ressemblent pas. Il y aurait tant à dire sur leur pertinence (ne parlons pas de celui concernant la réaction des français vis-à-vis de l’escapade maltaise de Sarko) mais cela mérite un développement plus long. Certains peuvent tout de même apporter quelques éclaircissements, comme celui de l’IFOP paru dans le journal du dimanche.

Lorsque les français sont interrogés sur la personne la plus apte à rénover le PS, DSK arrive en tête avec 39 %, suivi de Ségo à 37 %. Parmi les sympathisants PS cependant, la candidate arrive largement devant avec 58 %, DSK n’obtenant que 27 %. J’ai la larme à l’œil et j’en viens à me demander si j’ai vu la même campagne que tout le monde... Ce qui me rassure c’est que DSK est quand même considéré comme un challenger crédible. Attendons de voir où vont le mener ses déclarations « putschistes ». Ce qui paraît clair, c'est que la guerre des roses a commencé...

Le sondage précise aussi que 59 % des gens pensent que le PS, s’il devait passer alliance avec une autre force politique, devrait opter pour le Mouvement Démocratique, alors que 35 % préféreraient regarder sur leur gauche (PCF, LCR…). Parmi les personnes qui ont voté Ségo au premier tour, la proportion est la même. Parmi celles qui ont choisi Bayrou au premier tour, les chiffres sont éloquents : 78 % contre 17 % (ils nous veulent, ils nous attendent, ils nous tendent les bras…). Il apparaît dans ses résultats qu’un mouvement certain semble se dessiner en faveur d’un rapprochement ver le centre, centre qui partage en partie ce désir (d’avenir…). Amis de Solferino, la balle est dans votre camp…

samedi 12 mai 2007

Le complot des vieux

Les sondages de l'IFOP sont particulièrement instructifs sur la sociologie du vote du 6 mai. Il faut donc dire merci aux plus de 60 ans... avec quelques questions à poser au 25-34 ans.
Il est interessant d'observer que les tranches d'âges les plus fragiles, (18-24 et 45-59), notamment au regard du chômage ont voté Royal.
Chez les 25-34 ans, ce choix peut aussi se comprendre. Il s'agit de personnes qui en principe sont tout juste installées dans la vie active et commencent leur deuxième vie d'adulte. Le discours sur la valeur travail, l'argent, le dynamisme, la responsabilité individuelle leur parle particulièrement. Je pense que pour eux l'individualisme prime alors que la solidarité est une idée dépassée, car elle se serait transformée en assistanat (il sont fan de l'émission le droit de savoir de Villeneuve).
Pour les plus de 60 ans, je pense que c'est le discours sécuritaire de Sarkozy qui leur a parlé. Le retour de l'autorité (la fin de 68), de l'ordre, la chasse à la "racaille", le tout teinté de nationalisme franchouillard et d'identité nationale, voilà la recette miracle pour les séduire...

Allez, pour soulager notre amertume (et avant d'interdire le vote aux plus de 65 ans) et leur montrer qu'on ne leur en veut pas, ou si peu, une petite video qui aide à comprendre les subtilités du complot retraito-sénile.

vendredi 11 mai 2007

Et pourtant la gauche sait...

C'est fait, après dix ans de bons et loyaux services, Blair a annoncé son départ du 10 Downing Street. Et Gordon Brown de dire au parlementaires sur le ton de la confidence qu'un appartement est donc à louer dans Londres, affichant ses ambitions justifiées après dix ans d'une longue attente. Quelle meilleure occasion pour revenir sur le couple terrible Blair-Brown, le second ayant accepté en 1994 de laisser le premier se présenter au poste de premier ministre, sans imaginer que cela durerait dix ans. Quelle meilleure occasion surtout de revenir sur le bilan de ces dix années au pouvoir et d'en tirer quelques leçons instructives pour nous, bons français.


Il est de bon ton dans la gauche française de rejeter en bloc le bilan de Tony Blair et Gordon Brown (qui est pour moi un économiste hors pair et le premier artisan de la relance de l’Angleterre), arguant qu’ils mettent tous deux en œuvre une politique de droite, par trop teintée de libéralisme. Je ne suis pas de cet avis et je suis convaincu que si la gauche veut réussir sa « transformation » social démocrate, condition sine qua non à un futur succès au vu de la structure de l’électorat d’aujourd’hui, elle doit se pencher sérieusement, et sincèrement, sur le bilan économique et social britannique, présentant le non moins pompeux chiffre de 2.7 % de croissance économique moyenne depuis 1997. Il ne s'agit pas de tout prendre mais d'analyser honnêtement les mesures mises en place ainsi que la philosophie de fond, et d'en retirer les enseignements pour bâtir le parti de demain.

Blair a réussi à réformer le New Labour (à l’époque encore plus sclérosé que le PS), en mettant en avant des idées et valeurs que la gauche a toujours eu du mal à intégrer, trop embourbée dans un dogmatisme dangereux et sans avenir. Blair (comme Clinton avant lui) a compris que pour gagner le pouvoir, et pour mener le développement du pays, il fallait que le parti travailliste accepte de réviser toute sa politique économique et sociale, accepte de repenser sa philosophie fondatrice. Le travail est ardu mais nécessaire. Il fallait intégrer aux côtés des impératifs de justice sociale, lutte contre la pauvreté, redistribution, éducation, développement des services publics des notions nouvelles mais incontournables : la globalisation, la promotion de l’entreprise, la valeur travail (je vois d’ici les levées de boucliers, mais non, cette idée n’est en rien comparable à celle défendue par Sarkozy car ce dernier a laissé derrière lui tout l’aspect social qui y est attaché) ou encore la sécurité. Il fallait repenser l’Etat Providence en responsabilisant les individus et se concentrant sur les plus démunis. La gauche doit accepter que le monde a changé, que les réalités d’aujourd’hui ne sont pas celles d’hier et que par conséquent, elle doit évoluer dans les solutions qu’elle propose.

Cette transformation repose en grande partie sur ce que l’on appelle la « troisième voie », théorisée par Anthony Giddens. Elle s’articule autour de quelques grands principes qui ont guidé la réforme de la gauche britannique et la politique blairiste.

  • Le monde est globalisé et il n’est plus possible de penser la politique sans intégrer cette nouvelle donne dans sa réflexion. Le succès des politiques mises en œuvre par les gouvernements est aujourd'hui conditionné par la prise en considération de l’interdépendance des Etats, du fait que "le monde est plat" comme le soutient Friedman. La globalisation induit également des changements profonds dans la structure des économies nationales, notamment en raison d’une concurrence accrue des pays en développement dans les domaines de l’agriculture et de l’industrie. L’Angleterre est ainsi passée d'une économie fondée sur l'industrie et l'agriculture à une économie des services et du savoir qui mobilise aujourd'hui plus de 80 % de la main-d'oeuvre britannique. Il faut accepter ces évolutions et ne pas en avoir peur. Pour cela, l’Etat doit les accompagner par des politiques d’investissement, de formation et de restructuration efficaces et courageuses et arrêter de mentir au peuple. Il est des transformations que l'on ne peut empêcher, à moins de mettre notre modèle à plat, et que l'on se doit donc d'"encadrer" de la meilleure façon possible, afin d'en canalyser les effets négatifs.
  • Le clivage gauche droite est toujours valable mais il est des pans de la politique qui doivent parfois s’en affranchir. C’est par exemple le cas de l’économie. Blair soutient notamment que « la gestion de l'économie n'est ni de gauche ni de droite, elle est bonne ou mauvaise ». Il faut accepter de placer l’économie au cœur des réformes, de faire certains sacrifices mesurés compensés par le renforcement de certains droits sociaux. Il faut surtout avoir le courage de prendre les meilleurs (attitude très américaine), de gauche comme de droite (modérée), pour chaque poste.
  • La promotion de l'entreprise et le soutien du monde financier dans son ensemble. La gauche doit en finir avec la stigmatisation de ces forces économiques, essentielles à la croissance. Gordon Brown, l'équivalent de notre Ministre de l'Economie, est en fonction depuis dix ans sans interruption, et a multiplié les signes en leur direction. Les marchés et le monde de l'entreprise lui font confiance, ce qui lui permet de travailler avec eux et non pas en parrallèle voire en opposition. Mais le problème ne concerne pas que la gauche, c'est le pays tout entier qui doit faire cet examen de conscience, en acceptant que le privé ne se résume pas aux golden parachutes, délocalisations et actionnaires mais inclut aussi les PME et TPE, les entrepreneurs innovants et les exportations. Tous contribuent à notre croissance et notre développement.
  • La valeur travail est mise au cœur de la réforme avec une politique de l’emploi musclée (le chômage est aujourd’hui de 5.5 % mais nombre d’économistes soutiennent que l’Angleterre est en situation de plein emploi structurel). La libéralisation et flexibilisation du marché est associée à la mise en place de job centers particulièrement efficaces (15 minutes d’attente maximum pour un entretien personnalisé) et à l’accompagnement des personnes en recherche d’emploi. Il ne s’agit pas d’assistanat mais de leur fournir les formations nécessaires à leur reclassement, en se fondant sur un investissement important de l’Etat dans le domaine. La flexibilité est accompagnée du renforcement de la protection des plus « faibles » et d’une redistribution active. La méritocratie ne peut être abordée qu’en association avec la justice sociale.
  • L’Etat Providence est repensé. Gordon Brown se fixe une « règle d'or » : « n'emprunter que pour investir » et financer les dépenses de fonctionnement par les revenus ordinaires de l'Etat. Le déficit public est une arme économique dont l’on ne peut se priver (et je m'en prends directement à ceux qui prônent le déficit 0, pure aberration économique que même les chantres du libéralisme comme Reagan n'ont pas mis en oeuvre), mais il faut savoir l’utiliser avec mesure et intelligence, en ciblant les dépenses dans les domaines qui le nécessitent. Tout d’abord dans le soutien de l’emploi mais également dans les services publics (santé et éducation en particulier). Les dépenses de l'Etat ont été, durant le premier mandat de Blair, ramenées à 37,5% du PIB, et ont atteint 45,4% en 2006. Le gouvernement anglais dépense ainsi aujourd'hui deux fois plus par élève qu'il y a dix ans. Pendant cette décennie, il a recruté 200000 enseignants et assistants, 20000 médecins et 70000 infirmières, et il a triplé le budget de la santé. La moitié des emplois créés l'ont été dans les services publics.

Evidemment le bilan n’est pas tout rose et il demeure des zones d’ombre, comme la situation des transports, le bulle immobilière ou encore certains clivages géographiques criants. Mais Blair a su mener à bien la réforme et la modernisation de la gauche, et plus largement de son pays. Il est pour moi un aspect particulièrement intéressant de cette politique : le pragmatisme. Il a su faire un doux mélange entre une dose de libéralisme, une politique sociale rationalisée et ambitieuse et le recours à l’investissement public ciblé et efficace. Serait-ce la recette de la justice sociale sur fond de réussite économique ?

jeudi 10 mai 2007

Remember Séguéla...

Je trouve cette vidéo de campagne excellente... et regrette que les candidats ne s'en soient inspirés.

Et le peuple a choisi...

Avant tout, et parce que je ne suis pas mauvais perdant, il faut féliciter le vainqueur pour ce qu’il a déjà accompli. Le peuple a parlé et l’a désigné Président de « notre » République, la France dans sa majorité a décidé de lui faire confiance et de s’en remettre à lui pour la remettre dans le bon sens.

Nicolas Sarkozy a gagné dans les règles de l’art, en menant une campagne brillante et efficace et s’appuyant sur un réseau compact et dévoué. Sans s’attaquer au fond, car c’est bien ce qui peut poser problème à beaucoup, il faut mettre au crédit de notre nouveau président d’avoir refondé la droite sur une base idéologique solide et réfléchie depuis de nombreuses années. Les journaux parlent de « droite décomplexée », je vois une droite qui a réussi à structurer un corpus d’idées impressionnant en s’attachant à répondre (à leur manière et c’est toujours la forme que j’apprécie) aux interrogations principales des français (sécurité, chômage, Europe…). A chaque question une réponse, peu importe que l’on soit d’accord ou non, il faut remarquer que Sarkozy ne se cache pas et affiche un argumentaire clair et sans équivoques. Comme preuve, il est intéressant d’observer que de tous les accrochages médiatiques, débats directs sur des sujets sensibles durant la campagne, la majorité a pour origine des déclarations de Sarkozy. Beaucoup de candidats, et cela leur a peut être été fatal, ont joué la partition qu’il souhaitait, c’est-à-dire de débattre de « ses » idées, et des siennes seules.

Je pense que cette intelligibilité et clarté du message, résultat d’un long travail minutieux, ont été la clé de cette élection. Il faut également savoir apprécier son verbe, sa maîtrise durant le débat, son discours rassembleur de l’entre deux tours et un esprit de communiquant hors pair.


Maintenant, la campagne est une chose, le mandat en est une autre, la partie ne fait que commencer et elle peut se terminer par un game over sans retour. Si Sarkozy venait à échouer (ce que honnêtement je ne lui souhaite pas), ce n’est pas une nouvelle traversée du désert qui l’attend, c’est l’euthanasie politique. Et quels défis à relever…

1827 jours… Pour certains ce sera trop court, pour d’autres le premier jour paraîtra déjà trop long, tout est question de point de vue, comme souvent.

  • 5 années pour redynamiser le pays, en particulier sur le plan économique, pour faire de la France une nation compétitive et expansionniste, confiante de ses capacités et prête à rivaliser avec les plus grands. Cette évolution doit mobiliser toutes les forces du pays et ne pas en laisser sur le côté. Ce n’est pas « marche ou crève », on doit pouvoir avancer ensemble et viser des objectifs communs. Cette avancée doit se fonder sur l’économie de la connaissance et des nouvelles technologies. Il faut voir la réalité en face, les avantages comparatifs de Ricardo nous sont défavorables. A nous de réussir, comme l’Allemagne, à nous différencier et à miser sur l’innovation.
  • 5 années pour réconcilier la France avec elle-même, les vieux et les jeunes, les campagnes et les villes, le privé et le public, les « banlieues » et la société, les riches et les pauvres, étape obligatoire pour que le pays avance dans le même sens. On ne réussira rien en montant les français les uns contre les autres, en cherchant des boucs émissaires. En divisant le pays et en attisant les haines, la France est plus faible et nourrit le terreau des communautarismes, corporatismes et autres… le tout pouvant un jour ou l’autre nous exploser à la gueule.
  • 5 années pour redonner confiance aux Français, en l’économie, en la mondialisation, en l’europe, en la politique et, surtout, en l’avenir.

    Il faut relancer certains mécanismes et rassurer sur d'autres. Le pouvoir d'achat, l'ascenseur social, le droit au logement, l’environnement, la recherche… doivent constituer des priorités. Les français ne doivent plus avoir peur des mots « délocalisation », « immigration » ou encore « dette publique », et cela passe par une réflexion d’ensemble sur ces thèmes, en accord avec la société. Les délocalisations ne doivent pas servir à stigmatiser la mondialisation, ou l’Europe, mais permettre de pointer nos faiblesses et les combattre. L’immigration doit être contrôlée, il faut arrêter de dire le contraire. Je ne vois aucune générosité dans le fait d’accueillir quelqu’un dans mon pays pour le parquer dans un ghetto, au chômage, et lui ajouter la responsabilité de nombre d’autres maux. Il faut penser immigration avec intégration, obligatoirement l’un avec l’autre. Pour en venir à la dette publique, elle ne doit pas faire peur et il n’est pas besoin de revenir sur les idées de Keynes pour s’en convaincre. Cependant, il faut en faire usage de manière ciblée et pertinente, un emprunt devant financer un investissement, dont l‘intérêt est avéré. Les britanniques, avec Gordon Brown à la baguette, en ont usé et cela leur a plutôt bien réussi.

  • 5 années pour redorer la « marque » France dans le monde, surtout en Europe, et lui donner une politique internationale claire et courageuse. Oui à l’Europe politique, non à l’Iran nucléaire, non à un nouveau génocide au Darfour, non à l’impunité russe en Tchétchénie (et en Ukraine, en Géorgie…)… On attend des positions franches et déterminées.
  • 5 années aussi pour préserver des valeurs, des fondations propres à notre pays et qui sont la marque de notre différence, je pense à la laïcité, la redistribution, l’européanité, la liberté des médias, la justice sociale… La rupture est une idée attirante mais large et ambigüe, il faut savoir avec quoi l’on veut rompre et ce qui reste pour nous intouchable. Prenons garde à ne pas nous saborder nous même.

5 années pour réaliser tout ça, Monsieur Sarkozy, c’est court. A ce délai il faut ajouter une autre donnée, qui accroît d’autant plus votre responsabilité : les français sont revenus dans le jeu politique et ont abandonné les extrêmes parce qu’ils pensent que la politique va changer, une déception pourrait causer des effets dévastateurs. Pendant 5 ans, vous devrez supporter le poids de cette confiance et de cet espoir, tout en sachant qu’une nouvelle désillusion gonflerait les rangs de l’abstention et des extrêmes. L’Histoire retiendrait que ce serait de votre faute…

Sur ce, je vous souhaite bonne chance, sincèrement.

Je me présente...

Bienvenue à toi que mon Blog intéresse,

Une petite présentation est de rigueur quand on ne se connaît pas, je te serre la main ou t'embrasse, c’est selon. Je me présente, Edmond Dantès, retraité de la vengeance, paisiblement spectateur de notre monde. J’espère que les mots de ce blog te parleront, te convaincront, t’énerveront, te plairont, en définitive, que tu trouveras autant de plaisir à le lire que moi à l’écrire. Avant cela, je voudrais te présenter mes motivations, en quelques mots, pour ne pas te laisser là, seul, dans l’inconnu, sinon quel hôte ferais-je…

Cette volonté d’écrire sur des sujets divers et variés, avec un intérêt particulier pour la politique, m’est venue durant ces élections qui ont vu arriver au pouvoir, vous aurez l’occasion de la percevoir, un homme que je ne soutiens pas. D’une certaine manière, et avec mes petits moyens, je rentre en résistance… Mais pas une résistance stérile, car si les évènements me poussent à adopter cette posture, il est aussi de ma responsabilité, comme de la tienne, de construire l’après, de manière à pouvoir conquérir quand le moment sera venu.

Je me lance donc sans prétentions dans l’aventure du blog que nombre de personnes ont déjà commencé. C’est une manière de confier ce que j’ai au fond du cœur, ce que je ressens vis-à-vis du monde qui m’entoure, des évènements et des ses évolutions. Il s’agit de lancer des idées, des analyses et des réactions qui, je l’espère, participeront d’une structure plus globale et intelligible, permettant de dégager les bases d’une réflexion pertinente sur notre société.

Parce que rien ne peut se construire sans débat ni dialogue, parce que je pense que le corsetage des opinions n’aboutit à rien sinon à se discréditer, j’espère voir aussi fleurir sur ce blog les bourgeons de l’opposition et de la critique. N’hésite pas à donner ton avis, favorable ou non. J’espère te convaincre mais je peux aussi être convaincu…

Maintenant c’est à nous… Voxx Populi