dimanche 13 mai 2007

Bayrou, balle au centre

Je viens de regarder Bayrou, invité par Sege Mouati dans Ripostes (émission par ailleurs très intéressante), ce qui m’amène à compléter ce que j'ai écrit dans mon précédent message DSK pour réformer la PS. En effet, le leader centriste du tout juste accouché MoDem y a clairement explicité la position qu’il souhaitait tenir, pour les 5 ans à venir. Il n’a fait aucun signe de rapprochement vers le PS (ni vers l’UMP) et entend donc poursuivre dans la voie de l’extrême centre qu’il s’était taillé durant la campagne. Sa démarche est claire : il veut créer un mouvement du centre autonome et capable de remporter des élections nationales et n’est intéressé par aucune alliance (globale en tout les cas puisqu’il ne s’interdit pas, de manière localisée et ponctuelle, de passer des accords avec gauche ou droite). Il est ainsi convaincu que ses idées « centristes » défendues durant la campagne peuvent trouver leur place au milieu de la bipolarisation actuelle. La démarche attire puisque le néo parti a déjà enregistré 52 000 adhésions.

Maintenant il est une question qui se pose, comment réaliser ce rêve centriste ? Parce que on voit bien la difficulté pour un tel parti d’exister au milieu de l’opposition gauche-droite, une opposition ancrée dans la tradition politique française et donc dans l’inconscient collectif. S’il veut remporter ce défi, Bayrou doit « changer » la politique en France, ainsi que le comportement de millions de gens qui ont ce réflexe presque naturel de bipolarisation. Il lui faut faire accepter l’idée que le pays peut être gouverné non pas par des idées piochées à gauche ou à droite, mais par des idées du centre, et ce n’est pas une mince à faire, en témoignent les « trahisons » de ses parlementaires, plus intéressés par le mandat que par leurs convictions.

Je pense en fait qu’un tel parti ne peut prendre des responsabilités nationales qu’en remportant les présidentielles. Ces élections sont particulières car centrées sur un homme et une personnalité et revêtent un caractère plus « passionné », moins rationnel. Il y a 4 mois j’aurais dit qu’une telle ambition était illusoire. Aujourd’hui il faut relativiser son propos. Les français ont découvert cette idée, 18 % ont déjà adhéré, et le reste de la population a le temps, pendant 5 ans, d’intégrer cette nouvelle donne, cette nouvelle possibilité dans leur choix. Ils ne la croyaient pas crédible avant, elle l’est devenue par la force des choses, il s’agit maintenant d’une alternative à la gauche et la droite. Reste pour Bayrou d’entretenir cet élan et de l’accompagner, certainement l’une des étapes la plus difficile de l’aventure. Car autant il est facile d’exister pendant une campagne, autant il est facile de disparaître en dehors. Il est donc essentiel pour lui de placer des hommes à l’Assemblée, tribune de laquelle il peut faire parler de lui et ses idées, seule voie du salut pour 2012…

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Il en fallait bien un qui commence!
Tout d'abord bravo pour ces billets délicieux.
J'attendais une brève sur notre petit Bailleroux pour me lancer, et je ne te répondrai qu'une chose, que je t'ai déjà dit d'ailleurs...
IL FAUT Y ALLER!!!
L'univers bipolaire stérile que l'on nous sert au dégout depuis des années a vu ses limites en 2002, et encore la semaine dernière. Alors quoi? Tout serait blanc ou noir? Les bons d'un côté, et les mauvais de l'autre? Le social à gauche et le libéralisme à droite? Les gens contre l'argent? Non. Le monde n'est pas bipolaire. Il existe des nuances à toute chose. Et ces élections l'ont enfin révélé, même si les français ne sont pas encore prêts.
Ségolène ( c'est marrant que tout le monde l'appelle par son prénom. C'est dire le peu de respect qu'elle inspire...) est responsable de sa défaite, car s'en est bien une ( au diable la non victoire des mauvais perdants!), et avec elle, tous ces militants ayant cédé au ramage, plus qu'au fond.
DSK aurait pu les sauver de "l'horreur sarkosienne", horreur toute relative, si j'en crois les multiples sympathisants de gauche admettant entre deux gorgées de café qu'il avait plutôt des bonnes idées, l'autre...
Alors oui, il faut y aller. C'est le moment de montrer que l'avenir de notre pays nous intéresse, et que nous refusons de croire que la force du travail, le pragmatisme, ou encore la prise en compte de l'insécurité ne se trouve qu'à droite; que la solidarité, le respect de l'Homme, la prise en compte des difficulté de plus faibles ne se trouve qu'à gauche.
Et que dire du droit de homosexuels à vivre enfin une vie "légale"? Que dire du droit de choisir sa façon de mourir, et du moins de ne plus souffrir?
L'avenir est au centre, bien que ce mot ne soit pas des plus adaptés. L'avenir est au Rassemblement. Alors, il est grand temps de faire vivre cette idée, en adhérant au néo parti dont tu parles. Car c'est le seul qui nous rassemblera. oups? les loulous m'attendent. Mais je reviendrai...
I'll be back.

Edmond Dantès a dit…

Je suis d'accord sur le fait qu'un parti au centre est vivable, et qui plus est de plus en plus nécessaire. La question va être de savoir qui pour le porter... Bayrou et DSK sont clairement très proches politiquement parlant (si on imagine un DSK libre des chaînes de la gauche du PS). Si ce dernier parvient à "prendre" le PS et à imposer une réforme social démocrate (ou dans la vaine puisque certains disent que c'est déjà dépassé), la coexistence avec Bayrou risque d'être compliquée, voire incohérente. Ce sera l'un ou l'autre (ou l'un avec l'autre, qui sait?)... Et dans ce cas DSK part avec un temps d'avance, celui de l'électorat du PS et de son socle institutionnel.
Maintenant je t'accordes que je fais là de la politique fiction et que n'ayant jamais vu DSK aux manettes, on peut espérer qu'il se plongera dans cette réforme, mais pas en être sûr tant le PS semble difficile à bouger. Peut être devra t on passer par un scission comme le soutient JF Kahn (par ailleurs Bayrouiste et clairement pour le rapprochement de la droite du PS et du MoDem).