mercredi 23 mai 2007

Docteur Nicolas et Mister Sarkozy

Je voulais vraiment lui laisser le bénéfice du doute, à notre Président, croire que tout ce que j’entendais dépassait de loin la réalité. J’ai fais tout mon possible pour me convaincre que les Jofrin, Val, Kahn and Cie sombraient dans l’exagération, à crier au loup partout, à coups de unes assassines, souvenir de leurs années de lutte contre le Gaullisme et pour la libéralisation des médias. J’ai naïvement pensé que la peur suscitée par la reprise de nombreux médias français par de grands groupes industriels ou financiers provenait, pour une grande part, de la méfiance bien française vis-à-vis de la classe des patrons. Non, clairement, si je me doutais bien que, en off prime, les amitiés, accointances et pressions pouvaient produire un certain effet sur l’impartialité médiatique, je restais naïvement convaincu que cela demeurait un mal nécessaire difficilement quantifiable et que je pouvais, avec un semblant d’esprit critique, me fier à l’information que l’on me proposait.

Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai appris, à la lecture des propos de Martin Bouygues lui-même, que Monsieur Solly, directeur adjoint de la campagne de Sarko, venait d’être recruté par TF1 et, cerise sur le gâteau (tant qu’on y est, autant y aller avec les bottes…), deviendrait sous peu Directeur Général Adjoint de TF1, rien que ça. Pourquoi !

Déjà, quelle énormité politique ! On ne cesse de le critiquer sur ce point mais cela n’empêche pas notre Président de faire jouer ses relations pour permettre la nomination de l’un de ses lieutenants à un poste de haute responsabilité dans le média le plus influent de France. Pure arrogance ! Quelle erreur politique, vraiment, de faire cela maintenant. Après Malte, il les additionne…

En fait, maintenant élu, Sarko est entièrement décomplexé et affiche son vrai visage que, malheureusement, 53 % des Français n’ont pas vu. Il n’a plus peur et semble croire que plus rien ne peut l’atteindre. Je suis choqué par cette nomination et je rejoins définitivement, aujourd’hui, le camp des « crieurs au loup » que j’aurais dû croire bien avant. Alors certain diront que ce n’est pas bien grave, et je voudrais leur faire passer cette idée rapidement. Je pense que l’instant choisi est révélateur du souci que l’on peut commencer à se faire. Sarko n’a pas attendu un moment où les caméras auraient été moins friandes de lui et son équipe, où la nomination aurait pu passer, sinon inaperçue, au moins beaucoup plus discrète, non, il l’a fait au grand jour. Cela révèle que pour lui, une telle action ne présente aucun risque pour sa popularité et son image, qu’il n’y a dès lors pas de raisons particulières pouvant l’empêcher de recommencer. Pour notre ami, c’est normal en fait. Alors préparez vous bien à la normalité, je sens que ce quinquennat va en regorger…

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