mercredi 20 juin 2007

SOS pour une émission d'utilité publique

Après douze ans de bons (voire très bons) et loyaux services, Arrêt sur Image tombe le rideau. La direction de France Télévision a en effet brutalement décidé de déprogrammer ce petit bijou du service public. Pourtant, des émissions de cette qualité ne sont pas foule dans le monde du petit écran... vous savez, ce genre d'émissions qui entretiennent votre esprit critique et vous soutiennent dans votre appréhension et compréhension autonome du monde qui vous entoure.

Alors si vous pensez autant de bien que moi de cette émission, et de l'équipe qui la gère, rendez vous ici pour leur apporter votre soutien.

Quand on sait que FOG et Ripostes ont failli subir le même sort, on ne peut que s'inquiéter pour l'avenir des programmes à vocation citoyenne...

mardi 19 juin 2007

La défaite oui, le tsunami non !

Non la gauche n’a pas gagné, mais qu’il est bon de perdre avec le sourire, de se dire que la casse est limitée voire, mieux encore, qu’il y en a aussi eu de l’autre côté. Nous avons gagné des sièges quand les autres en ont perdu…

Il faut d’abord remercier les électeurs de gauche, qui ont décidé de se mobiliser, et les électeurs de droite, qui croyaient la partie jouée. En effet, dans les circonscriptions remportées au second tour par la gauche, la participation a été plus élevée que dans celles où la droite l’a emporté (61.5 % contre 59.9 %). Malgré le comportement autodestructeur des dirigeants du PS, les militants et sympathisants ont renouvelé leur confiance et ont surtout montré leur volonté d’imposer une opposition, non pas ridicule comme le prévoyaient les sondages, mais réelle. Comme le souligne Le Monde, « à cela s'ajoute une autre explication qui illustre en partie la théorie de l'électeur "stratège", formulée par les politologues Philippe Habert et Alain Lancelot. La gauche s'est d'autant plus mobilisée que le duel s'annonçait incertain ».
C'est ce mécanisme de légère remobilisation qui a profité par exemple à Arnaud Montebourg en Haute-Saône, à Jérôme Cahuz dans le Lot-et-Garonne, à Michel Vuilqué dans les Ardennes, à Jean-Louis Bianco dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Michel Delebarre dans le Nord ou à Marylise Le Branchu dans le Finistère. Ces territoires enregistrent ainsi un sursaut de participation de 2 de 5 points.

Il faut aussi remercier les électeurs du MoDem dont le report s’est surtout exercé sur les candidats de gauche. En effet, selon un sondage CSA, 55 % ont voté pour un candidat de gauche au second tour contre 28 % pour un candidat de l’autre bord. Le MoDem s’est en partie vu vidé de sa substance par les traîtres du Nouveau Centre. La partie plus à droite de son électorat a suivi les transfuges avant le premier tour des législatives, ce qui fait aujourd’hui du MoDem, structurellement, un parti plus centre gauche qu’avant.

Il faut finalement rendre à César ce qui est à César, Laurent Fabius a sauvé un paquet de candidats avec sa manœuvre politicienne digne du vieux briscard roublard qu’il est. Lorsqu’au soir du premier tour, il interroge Borloo sur la TVA sociale, il lance un pavé dans la marre qui n’a cessé durant la semaine de propager ses ondes (jusqu’à la punition de Borloo lui-même). Les électeurs commencent dès lors à mieux comprendre la politique engagée par Sarkozy, véritable politique de classe en faveur des nantis. D’un côté la suppression des droits de succession et le bouclier fiscal, économies d’impôts qui bénéficient principalement aux classes aisées de la société. De l’autre, la déduction des intérêts d’emprunt sur 5 ans et plafonnée (soit une économie minime), un SMIC juste relevé du niveau de l’inflation, et la TVA dite sociale dont les effets sur le pouvoir d’achat peuvent être néfastes… Si l’on regarde attentivement ces mesures, il est facile de voir ce qu’il ne faut pas être dans la société de Monsieur Sarkozy.

Maintenant, cette défaite dans l’honneur du PS (et de la gauche) ne doit par faire oublier que c’est bien une défaite, et qu’elle s’inscrit dans une suite plus que lassante pour l’électorat. Le PS ne doit pas voir ce second tour comme un retour, mais comme une dernière chance accordée par les électeurs. Il est temps maintenant de procéder à l’inventaire de cette série d’échecs, d’en tirer les conséquences, et de s’atteler courageusement à la refondation du parti…

jeudi 14 juin 2007

Sarko fait le grand 8 II

Analyse de la situation sur Rue 89... Il est clair que la prestation de notre bien aimé Président est critiquée par nombre de journaux étrangers, mais chez nous, on ne sait pourquoi, c'est le silence radio... Ah ces gens qui parlent de contrôle des médias, quels paranoïaques !

mercredi 13 juin 2007

S'ils pouvaient vous entendre, Monsieur Attali...

Un constat amer, dur à accepter mais nécessaire à lire et méditer...

La TVA a-sociale

On nous l’a un peu sortie du chapeau celle là, sans nous prévenir. C’était dans les cartons mais on s’est bien gardé de la faire figurer dans la liste du déménagement. Depuis quelques jours, une rumeur prend peu à peu forme, la « TVA sociale ». Vous noterez le terme social qui suit celui de TVA. Et oui, ça c’est de la pub, le sens de la communication, parce que envoyer la TVA toute seule, c’est un peu casse pipe, alors qu’y mettre une dose de solidarité, ça fait « rupture »…

Pour rappel, la TVA est l’impôt des consommateurs. Les professionnels, eux, facturent la TVA mais peuvent ensuite la déduire. C’est donc nous, dernier maillon de la chaîne consumériste, qui en supportons le poids. En outre, l’impôt est aveugle, du plus pauvre au plus riche, tous subissent le même taux, sans aucune distinction. Les statistiques montrent qui plus est que ce sont les plus démunis qui en payent le prix fort : pour les 10 % des ménages les plus pauvres, la TVA représente déjà 8 % de leur revenu alors qu’elle n’en représente que 3 pour les 10 % les plus riches.

Alors que dire de la « TVA sociale », c’est-à-dire, en termes moins démagogues, que penser de la hausse de la TVA.

Pour être synthétique, elle devrait permettre deux choses : alléger la taxation du travail et se protéger un peu plus de la concurrence des produits étrangers.

Le principe est simple : aujourd’hui, ce sont les entreprises, au travers des cotisations patronales, qui financent la protection sociale. Le but est de la mesure est dès lors de transférer une partie de cette charge sur les consommateurs, pour fiancer indirectement une baisse des charges patronales. Cette baisse est sensée déclencher un cercle vertueux synonyme de relance de la croissance. En effet, la baisse des charges permet d’alléger le coût du travail et ainsi d’accroître la compétitivité prix des entreprises françaises. Cette compétitivité est également soutenue par la hausse de la TVA qui produit un double effet. D’une part, la baisse du coût du travail associée à l’exonération de TVA sur les exportations doit permettre aux sociétés nationales d’augmenter leurs ventes à l’étranger. D’autre part, les produits importés deviennent moins attractifs dans la mesure où les sociétés étrangères se voient appliquer un taux de TVA plus élevé sans bénéficier d’un allègement du coût du travail.

Mais le problème des sciences économiques, c’est que rien n’est jamais si simple…

Quand on sait que l’un des problèmes majeurs de notre économie, c’est le pouvoir d’achat, s’entendre dire que la TVA risque d’augmenter de 5 points, il est difficile de ne pas sourire. Selon Thomas Piketty, économiste émérite, « à chaque fois qu'un gouvernement a augmenté la TVA, cette hausse s'est répercutée sur les prix. Pas à 100%, c'est vrai, mais en moyenne à 60% ou 70%, selon les secteurs ». Alors oui les entreprises vont bénéficier d’allègements fiscaux devant permettre une baisse des prix, mais la TVA dites sociale en annihilera tous les effets au plan national. Et c’est bien pour ça que le MEDEF, s’il soutient la baisse des charges patronales, est plus sceptique à l’idée de la hausse de la TVA. Le danger pour la France est donc de voir repartir l’inflation, chose que la consommateur français, ainsi que la BCE, verraient d’un mauvais œil…

S’agissant de la protection du marché national, là aussi, il faut regarder la vérité en face. De quelle concurrence parle-t-on ? De celle des pays du sud bien sûr. Quand le coût du travail est de 0.6 dollars de l’heure en Chine, ce n’est pas une hausse de 2 à 5 points de la TVA qui va y changer grand-chose. Alors certains avancent l’exemple de l’Allemagne. C’est une erreur. Si l’Allemagne a vu sa balance extérieure se redresser miraculeusement, la hausse de la TVA n’y est pour rien. Notre voisin a simplement compris depuis longtemps quelle était la stratégie à adopter dans un monde globalisé, il a misé sur la compétitivité hors prix. Il ne s’agit pas de rivaliser avec les produits des pays du sud sur la base des prix, mais sur la qualité, sur l’innovation ou encore la fiabilité. Il s’agit aussi de se spécialiser dans des secteurs encore inaccessibles pour les pays du sud : haute technologie, pharmaceutique, aérospatiale et j’en passe…

Pour finir, il convient à nouveau de souligner l’aspect inégalitaire de cet impôt, qui touche indifféremment plus riches et plus pauvres, ces derniers en ressentant davantage le poids sur leur budget…

lundi 11 juin 2007

Sarko fait le grand 8

Pour se remonter le moral, une petite video de notre cher Président au G8... Elle vaut vraiment le détour.

Gueule de bois

Il y a des matins comme ça où on se lève avec la bouche un peu pâteuse, la gueule de bois en prime, et on sent que la journée va être longue. Le 7 mai, des millions de français s’étaient réveillés dans le même état, ils ont la chance de recommencer aujourd’hui. Non pas que l’on ne s’y attendait pas à cette déferlante bleue, tout le monde nous avait prévenu, mais ça fait quand même mal quand elle vous retombe dessus. Les journaux n’ont plus de mots pour définir cette « vague », ce « tsunami » ou encore ce « raz de marée » (vous noterez que les termes employés ne sont pas très positifs) et je n’ai pas de mots non plus pour parler de l’effondrement de la gauche. Cette expérience traumatisante amène à plusieurs constats.

En premier, le sursaut démocratique des élections présidentielles est noyé dans l’œuf. 39 % d’abstention, avec des pics à 46 % dans certaines banlieues, les français ont définitivement tourné le dos à cette échéance. Le sentiment que tout était joué y est pour beaucoup, mais il y a des éléments plus structurels qui interpellent. Les banlieues se sont à nouveau détournées de la politique. Elles avaient voté en masse pour Royal lors des présidentielles, dans un réflexe tout sauf sarko. Maintenant qu’il est élu, les gens ne voient pas l’intérêt de voter et ont « accepté » leur sort, résignés. Ils trouvent également l’élection législative plus complexe, avec la multiplication des candidats notamment, et donc moins parlante.

Outre cette observation, il est possible de percevoir une tendance plus générale, la perte d’intérêt des législatives. Les citoyens voient bien aujourd’hui que les pouvoirs sont entre les mains d’un président omnipotent, et s’interrogent encore sur les réels pouvoirs de l’Assemblée. En effet, dans la configuration qui se profile, elle ressemblera davantage à une chambre de confirmation des volontés de l’exécutif qu’à un véritable pôle de débat et de décision.

Il est facile de jeter la pierre à la droite me direz vous, quand on sait que la gauche en a fait de même. Je suis tout à fait d’accord, et je demeure convaincu que pour le bien de la démocratie, une réforme du mode de scrutin est nécessaire. Elle introduirait un débat plus constructif en renforçant la représentativité de l’assemblée et raviverait l’intérêt des citoyens. Une telle élection, primordiale dans notre république, ne doit pas faire office de la simple confirmation de la présidentielle.

Deuxième constat, ce qu’avait prévu Bayrou se vérifie aujourd’hui dans les faits. Avec 4 députés possibles au maximum, et des personnalités telles Cavada en ballottage défavorable, le MoDem se prépare à une longue et difficile traversée du désert. Avec si peu de députés, je me demande comment ils vont s’organiser dans la mesure où ils sont trop peu pour former un groupe

Le scrutin d’hier ne se contente pas de confirmer les dires de Bayrou, il met également en danger la stratégie du MoDem. En effet, 40 % de ceux qui avaient voté Bayrou au premier tour des présidentielles se sont portés hier sur un candidat UMP. Le pourcentage est inquiétant pour le néo parti et un siphonage des électeurs centristes (déjà commencé) est à craindre. D’autant plus que le Nouveau Centre d’Edgar Morin, transfuge de l’UDF et actuel Ministre de la Défense, réalise un score raisonnable, bénéficiant à plein du désistement de l’UMP dans nombre de circonscriptions. Je renvois à un post précédent où j'analysais la stratégie de Bayrou et ses possibilités politiques. Il est clair que pour un tel parti, encastré dans une bipolarisation qui se confirme avec ces législatives, la prise de pouvoir ne passe que par la présidentielle...

Finalement, un coup de gueule rapide. Après les déclarations de Manuel Valls hier, qui avouait en avoir « assez que la vie politique tourne autour de la vie d'un couple », les deux tourtereaux n’auront pas patienté plus de 24 heures pour remettre ça. L’une qui appelle à se rapprocher de Bayrou, l’autre non. Le PS devient tellement inaudible que cela en devient vraiment énervant. Comment convaincre les français quand on n’est pas capable d’afficher une ligne claire et unie ? Il est bon et sain d’avoir des divisions, mais on les règle en interne, pas par média interposé, surtout quand en principe on dort en plus dans le même lit.

C’est triste de voir ce que ces gens sont en train de faire du PS…

vendredi 8 juin 2007

Quand la gauche parle économie

DSK est décidément très prolixe ces derniers temps… Après avoir présenté son programme pour la refondation de la gauche, il a récemment publié, sur son blog, une ébauche de programme économique.

L’économie est un pan de la politique que la gauche a trop longtemps refusé de considérer, ou l’a fait sans accepter de prendre en considération la réalité et le monde changeant. Or il s’agit aujourd’hui d’un enjeu clé pour la France et le Français. Ségo a fait les frais de cette ignorance, les électeurs lui reprochant notamment le vide de son projet économique.

DSK a le mérite de s’y atteler. J’aurais quatre petites remarques à faire sur ses arguments.

Sur la mondialisation d’abord. Le développement qu’il en fait renvoie directement aux idées développées par les archanges de la « troisième voie », Giddens, Brown et Blair. Le constat qu’il fait est tardif mais salvateur et je vous renvoie à mon post sur le sujet pour aller plus loin...

Sur le social dans l’économie. Accepter de lier économique et social, faire en sorte que chacune de ces forces supporte l’autre, c’est enfin comprendre que les forces en jeu dans l’économie, nationale et mondiale, ne sont pas toutes néfastes à notre modèle social. Il faut apprendre à appréhender ces forces, les comprendre et enfin les réguler. En sens inverse, une politique sociale bien menée a toujours des effets positifs sur l’économie et je vous renvoie à l’article pour les exemples.

Sur les politiques durables. Il n’est pas le premier à faire cette proposition. Je l’ai en effet lue dernièrement dans le livre de Rocard (qui le disait déjà il y a de ça 20 ans) mais je suis sûr que par avant, de gauche comme de droite, nombre de personnes se sont rendues. Il est aberrent de voir que ce que chaque gouvernement fait en premier en arrivant au pouvoir, c’est souvent de démonter ce qu’a fait le précédent. Il est impossible en France de s’inscrire sur la durée, comme ont pu le faire Blair et Brown. Les dirigeants préfèrent aux politiques structurelles qui modifient en profondeur l’économie et dont les premiers effets se font sentir sur le long terme, les politiques conjoncturelles, les effets d’annonce dont le résultat est rapidement visible et peut être placé comme argument électoral. Il ne s’agit pas de satisfaire les besoins de la France, mais de marquer rapidement quelques points pour l’échéance politique suivante.

Finalement, sur la question du modèle social. J’adhère, j’adhère et j’adhère à nouveau. La gauche mise tout sur la distribution répartitrice. Il en faut c’est sûr, mais il convient surtout de prendre le mal à la racine et de mettre en œuvre des politiques sociales préventives, tendant à renforcer l’égalité dès le plus jeune âge. C’est pour cette raison qu’il faut absolument investir dans l’éducation, moteur de l’ascenseur social. Beaucoup de problèmes actuels trouvent leurs sources dans les lacunes de l’accompagnement des jeunes : violence, chômage, sectarisme… Ce n’est évidemment pas la solution à tous les maux mai il s’agit d’un élément primordial pour l’avenir.

mercredi 6 juin 2007

La rupture a un coût

Il était de bon ton, pendant la campagne, de moquer les programmes économiques de Royal et Bayrou pour leur soi disant prix et irréalisme. Sarko était largement passé entre les gouttes, grâce aussi à un réseau très influent. Rappelons nous de l’expertise économique de Rexecode (qui avait aussi été un moment fort du débat télévisé), dont Sarko se targuait avec délectation… Un pétard mouillé, dont l’objectivité était toute relative (à l’image de l’honnêteté politique de Monsieur Sarkozy peut être…).

Pourtant, en moins d’un mois, le Président de la République vient d’amputer les recettes de l’Etat d’un montant de 11 milliards d’euros (si on fait le calcul, cela représente 110000 voyages à Malte à dos de Paloma) : 5 milliards d’euros pour la défiscalisation des revenus des étudiants et de 4 à 6 milliards pour le projet de détaxation des heures supplémentaires. Et encore, ces estimations sont faites par le gouvernement lui-même, aussi indépendant que Greenpeace quand il parle d’OGM. Sommes auxquelles il faudra ajouter en temps voulu le coût du bouclier fiscal, qui ne devrait pas non plus être négligeable. Alors on peut se dire que ces projets ont des visées électorales et qu’une fois l’Assemblé bleutée, on reviendra à plus de raison, mais en attendant…

Je ne questionne pas les mesures en elles-mêmes (je suis d’accord avec la première par exemple), je m’interroge simplement sur la multiplication des cadeaux auxquels il faut trouver un contre poids si l’on ne veut pas laisser le déficit filer. J’ai entendu Copé affirmer que les économies viendront de la rationalisation de l ‘administration. Je n’ai pas envie d’être méchant, mais c’est un peu l’argument fétiche des tous les politiques, de gauche comme de droite, depuis des décennies. Depuis, on a dû en faire des économies ! Peut être que Sarkozy voyait déjà poindre les soucis lorsqu’il a refusé la grâce présidentielle aux contrevenants et autres, voilà une technique pour se refaire quand on a tout perdu au casino de la campagne pour les législatives.

A l’heure actuelle, au regard des choix du gouvernement, il faut s’en remettre à Keynes pour espérer une fin heureuse. En effet, les deux politiques précitées touchent aux salaires et visent à renforcer le pouvoir d’achat des français. Leur raison d’être repose sur une logique bien économique du cercle vertueux: hausse du pouvoir d’achat, hausse de la consommation hausse de l’investissement et pour finir croissance économique. Un seul grain de sable dans la machine (hausse des importations comme en 83, épargne des valorisations de salaires, investissement des entreprises à l’étranger…) et toute la machine se grippe. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts…

lundi 4 juin 2007

"La gauche du réel" de DSK II

Jean Christophe Cambadelis, fidèle de DSK, répond ici aux questions des internautes. Il faut mettre cette intervention dans la lignée du programme de DSK, décrit dans un post précédent.

Il est rassurant de voir que la mouvance de l’ancien Ministre des Finances n’a plus peur de s’afficher en tant que social démocrates, et n’hésitent plus à faire la promotion de leurs idées, si longtemps corsetées dans la politique de rassemblement à la Hollande.

Cambadelis fait également référence à Rocard, et j’en suis content. J’en profite pour passer un petit message. Je connais encore peu le personnage mais je vous conseille la lecture de Si la gauche savait, qui retrace sa vie politique. Depuis maintenant une trentaine d’années, avec peu de succès malheureusement, il défend des idées sociales démocrates et a toujours mis en avant l’importance de l’économie. A la lecture du livre, j’ai l ‘impression qu’il était en avance sur son temps, en termes de réforme de l’Etat, de décentralisation, de responsabilité politique ou d’économie sociale. Et il est rare de voir un homme politique parler avec autant de franchise et d’ironie. Un livre à lire, vraiment…

dimanche 3 juin 2007

Boat Presidents

Je suis tombé par hasard sur un article interessant traîtant des vacances des présidents. Ce n'est plus vraiment d'actualité mais qui sait, dans 5 ans, vous pourrez peut être le ressortir...

"La gauche du réel" de DSK

DSK a publié cette semaine dans le Nouvel Obs son programme pour la refondation de la gauche. Il ne prône pas « la » rupture, mais bien « trois » ruptures… le mot est à la mode et la mode à la surenchère. Simplement, dans le cas de l’ancien Ministre des Finances, ces trois ruptures visent avant tout le PS, et la gauche dans son ensemble, qu’il est temps de réformer (enfin…).

Le moment est en effet venu (avec un retard d’au moins 5 ans tout de même…) de mettre fin à un cycle du mouvement socialiste, qui a connu ses succès mais qui aujourd’hui est plus que désuet. Ce cycle, c’est le cycle d’Epinay, par référence au Congrès de 1971 qui unifia nombre de partis et de mouvements de gauche dans le sus nommé Parti Socialiste. On doit le PS d’Epinay à Mitterrand, qui l’a bâti autour de sa personnalité, à coup de comportements visionnaires et de magouilles politiciennes. La France est telle que les mouvements politiques se construisent toujours autour de personnalités hors du commun : De Gaulle, Mitterrand, Chirac et, plus récemment, Sarko (que ça me fait mal de l’écrire)… Qu’on les aime ou non, ils ont été les pivots de l’évolution de la politique française et de son changement. Chacun en son temps avait un coup d’avance sur ses adversaires et savais user, avec dextérité et manière, du zeste de populisme qui fait la différence.

Le PS (et ce qu’il reste de la gauche) a aujourd’hui besoin d’une telle personnalité apte à réformer en profondeur le parti et son idéologie. Ségolène a bien essayé mais, question de temps ou de compétence, elle n’a pas réussi. Je la place néanmoins dans les candidats à ce rôle.

Strauss Kahn, sans grande surprise, se lance à son tour dans la course, avec un credo : « le socialisme du réel ». Très joli, et on se doute que des gens ont passé des nuits blanches à pondre ce slogan, mais qu’entend il par là.

Il part d’un constat, le cycle d’Epinay est achevé. Outre le fait avéré que le PS doit revoir ses alliances et se départir définitivement de tout référent révolutionnaire, il constate, et on lui en est gré, que la vision de la société es Epinay est elle aussi caduque. La société s’est transformée mais les grilles de lecture socialistes sont restées inchangées. Le prolétariat n’est plus uni. Il faut arrêter d’étudier les « problèmes économiques et sociaux à partir du triptyque couche populaire/classe moyenne/détenteur du capital, sous l’angle exclusif de l’affrontement et de l’équilibre entre ces classes sociales ». Oui ! Bien sûr que la société est plus compliquée et que les gens ne pensent plus en ces termes. Les « classes » ont implosés. DSK parle de « fragmentation sociale », deux mots pour signifier une France éclatée en milles univers : les jeunes de banlieues et les retraités des zones rurales, les travailleurs précaires, les salariés qui ne jugent pas toujours légitime l’effort fait en direction des moins bien lotis, ceux qui ont un CDI, ceux qui vivent dans une zone tirées par la mondialisation, ou en cours de désindustrialisation…

Sarko l’avait vu et s’en ai servi durant la campagne. Simplement, sa stratégie repose sur l’opposition de ces fragments sociaux, sur la recherche incessante de boucs émissaires. Cette vision l’a bien servie sur le court terme, mais mène à la catastrophe sur le long. On ne règle pas les problèmes en mettant l’exergue sur les différences, une telle attitude poussant inévitablement les fragments sociaux à se refermer sur eux même, accusant les autres de leurs maux et des malheurs du pays. La solution passe effectivement par une reconnaissances des nouvelles strates dans la société, mais cette reconnaissance doit être partie d’une politique globale de solidarité, les obligeant toutes à accepter les compromis et certains sacrifices. La politique globale se subdivise ensuite en approches plus différenciées selon les situations, mais reposent toujours sur un discours tendant à démonter que toutes les couches sont interdépendantes, et non opposées.

DSK propose trois voies à suivre pour la rénovation idéologique :

  • Le renouveau de l’Etat social : il est temps que la gauche accepte d’adapter le modèle social à de nouvelles réalités que sont la mondialisation, le vieillissement démographique et l’individualisme grandissant. Il faut faire face aux défis futurs et accepter les réformes difficiles, sans tabous (retraites, système de santé, marché du travail…). Il faut aussi en finir avec la stigmatisation des entrepreneurs. Il faut les considérer comme « d’authentiques acteurs du progrès social et non comme des ennemis de classe ». Merci DSK, c’est ce que je disais dans mon tout premier post…
  • Un nouveau compromis social : la gauche doit enfin se déterminer sur ses priorités politiques : chômage, partage de la VA, pouvoir d’achat, fiscalité… Enfin c’est beau ça mais il reste à proposer quand même…
  • « La construction par l’égalité réelle d’une société juste » : il ne ‘agit plus de rompre avec le capitalisme (enfin pour le coup, je pense que peu de gens au PS en étaient encore là…) mais de se battre pour l’égalité des sexes, raciale, générationnelle et territoriale. Mais surtout, il faut relancer l’ascenseur social. Je suis entièrement d’accord car la seule chance de réconciliation des fragments de la société, et par conséquent le meilleur moyen de mettre en oeuvre des politiques efficaces, c’est de permettre le mouvement social et mettre fin à la reproduction sociale qui demeure une réalité structurante de la société. Il est insoutenable de voir que Bourdieu a toujours raison…

Voilà, libre à vous de vous faire une opinion sur ce « programme ». Je trouve personnellement qu’il y a des airs de troisième voie dans tout ça…

vendredi 1 juin 2007

Break d'un petit mois...

Pour des raisons personnelles, je vais devoir m'éloigner quelque peu de l'administration de ce blog. Je vous reverrai donc dans un mois...