Il y a des matins comme ça où on se lève avec la bouche un peu pâteuse, la gueule de bois en prime, et on sent que la journée va être longue. Le 7 mai, des millions de français s’étaient réveillés dans le même état, ils ont la chance de recommencer aujourd’hui. Non pas que l’on ne s’y attendait pas à cette déferlante bleue, tout le monde nous avait prévenu, mais ça fait quand même mal quand elle vous retombe dessus. Les journaux n’ont plus de mots pour définir cette « vague », ce « tsunami » ou encore ce « raz de marée » (vous noterez que les termes employés ne sont pas très positifs) et je n’ai pas de mots non plus pour parler de l’effondrement de la gauche. Cette expérience traumatisante amène à plusieurs constats.
En premier, le sursaut démocratique des élections présidentielles est noyé dans l’œuf. 39 % d’abstention, avec des pics à 46 % dans certaines banlieues, les français ont définitivement tourné le dos à cette échéance. Le sentiment que tout était joué y est pour beaucoup, mais il y a des éléments plus structurels qui interpellent. Les banlieues se sont à nouveau détournées de la politique. Elles avaient voté en masse pour Royal lors des présidentielles, dans un réflexe tout sauf sarko. Maintenant qu’il est élu, les gens ne voient pas l’intérêt de voter et ont « accepté » leur sort, résignés. Ils trouvent également l’élection législative plus complexe, avec la multiplication des candidats notamment, et donc moins parlante.
Outre cette observation, il est possible de percevoir une tendance plus générale, la perte d’intérêt des législatives. Les citoyens voient bien aujourd’hui que les pouvoirs sont entre les mains d’un président omnipotent, et s’interrogent encore sur les réels pouvoirs de l’Assemblée. En effet, dans la configuration qui se profile, elle ressemblera davantage à une chambre de confirmation des volontés de l’exécutif qu’à un véritable pôle de débat et de décision.
Il est facile de jeter la pierre à la droite me direz vous, quand on sait que la gauche en a fait de même. Je suis tout à fait d’accord, et je demeure convaincu que pour le bien de la démocratie, une réforme du mode de scrutin est nécessaire. Elle introduirait un débat plus constructif en renforçant la représentativité de l’assemblée et raviverait l’intérêt des citoyens. Une telle élection, primordiale dans notre république, ne doit pas faire office de la simple confirmation de la présidentielle.
Deuxième constat, ce qu’avait prévu Bayrou se vérifie aujourd’hui dans les faits. Avec 4 députés possibles au maximum, et des personnalités telles Cavada en ballottage défavorable, le MoDem se prépare à une longue et difficile traversée du désert. Avec si peu de députés, je me demande comment ils vont s’organiser dans la mesure où ils sont trop peu pour former un groupe
Le scrutin d’hier ne se contente pas de confirmer les dires de Bayrou, il met également en danger la stratégie du MoDem. En effet, 40 % de ceux qui avaient voté Bayrou au premier tour des présidentielles se sont portés hier sur un candidat UMP. Le pourcentage est inquiétant pour le néo parti et un siphonage des électeurs centristes (déjà commencé) est à craindre. D’autant plus que le Nouveau Centre d’Edgar Morin, transfuge de l’UDF et actuel Ministre de
Finalement, un coup de gueule rapide. Après les déclarations de Manuel Valls hier, qui avouait en avoir « assez que la vie politique tourne autour de la vie d'un couple », les deux tourtereaux n’auront pas patienté plus de 24 heures pour remettre ça. L’une qui appelle à se rapprocher de Bayrou, l’autre non. Le PS devient tellement inaudible que cela en devient vraiment énervant. Comment convaincre les français quand on n’est pas capable d’afficher une ligne claire et unie ? Il est bon et sain d’avoir des divisions, mais on les règle en interne, pas par média interposé, surtout quand en principe on dort en plus dans le même lit.
C’est triste de voir ce que ces gens sont en train de faire du PS…
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