Non la gauche n’a pas gagné, mais qu’il est bon de perdre avec le sourire, de se dire que la casse est limitée voire, mieux encore, qu’il y en a aussi eu de l’autre côté. Nous avons gagné des sièges quand les autres en ont perdu…
Il faut d’abord remercier les électeurs de gauche, qui ont décidé de se mobiliser, et les électeurs de droite, qui croyaient la partie jouée. En effet, dans les circonscriptions remportées au second tour par la gauche, la participation a été plus élevée que dans celles où la droite l’a emporté (61.5 % contre 59.9 %). Malgré le comportement autodestructeur des dirigeants du PS, les militants et sympathisants ont renouvelé leur confiance et ont surtout montré leur volonté d’imposer une opposition, non pas ridicule comme le prévoyaient les sondages, mais réelle. Comme le souligne Le Monde, « à cela s'ajoute une autre explication qui illustre en partie la théorie de l'électeur "stratège", formulée par les politologues Philippe Habert et Alain Lancelot. La gauche s'est d'autant plus mobilisée que le duel s'annonçait incertain ».
C'est ce mécanisme de légère remobilisation qui a profité par exemple à Arnaud Montebourg en Haute-Saône, à Jérôme Cahuz dans le Lot-et-Garonne, à Michel Vuilqué dans les Ardennes, à Jean-Louis Bianco dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Michel Delebarre dans le Nord ou à Marylise Le Branchu dans le Finistère. Ces territoires enregistrent ainsi un sursaut de participation de 2 de 5 points.
Il faut aussi remercier les électeurs du MoDem dont le report s’est surtout exercé sur les candidats de gauche. En effet, selon un sondage CSA, 55 % ont voté pour un candidat de gauche au second tour contre 28 % pour un candidat de l’autre bord. Le MoDem s’est en partie vu vidé de sa substance par les traîtres du Nouveau Centre. La partie plus à droite de son électorat a suivi les transfuges avant le premier tour des législatives, ce qui fait aujourd’hui du MoDem, structurellement, un parti plus centre gauche qu’avant.
Il faut finalement rendre à César ce qui est à César, Laurent Fabius a sauvé un paquet de candidats avec sa manœuvre politicienne digne du vieux briscard roublard qu’il est. Lorsqu’au soir du premier tour, il interroge Borloo sur
Maintenant, cette défaite dans l’honneur du PS (et de la gauche) ne doit par faire oublier que c’est bien une défaite, et qu’elle s’inscrit dans une suite plus que lassante pour l’électorat. Le PS ne doit pas voir ce second tour comme un retour, mais comme une dernière chance accordée par les électeurs. Il est temps maintenant de procéder à l’inventaire de cette série d’échecs, d’en tirer les conséquences, et de s’atteler courageusement à la refondation du parti…
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