mercredi 6 juin 2007

La rupture a un coût

Il était de bon ton, pendant la campagne, de moquer les programmes économiques de Royal et Bayrou pour leur soi disant prix et irréalisme. Sarko était largement passé entre les gouttes, grâce aussi à un réseau très influent. Rappelons nous de l’expertise économique de Rexecode (qui avait aussi été un moment fort du débat télévisé), dont Sarko se targuait avec délectation… Un pétard mouillé, dont l’objectivité était toute relative (à l’image de l’honnêteté politique de Monsieur Sarkozy peut être…).

Pourtant, en moins d’un mois, le Président de la République vient d’amputer les recettes de l’Etat d’un montant de 11 milliards d’euros (si on fait le calcul, cela représente 110000 voyages à Malte à dos de Paloma) : 5 milliards d’euros pour la défiscalisation des revenus des étudiants et de 4 à 6 milliards pour le projet de détaxation des heures supplémentaires. Et encore, ces estimations sont faites par le gouvernement lui-même, aussi indépendant que Greenpeace quand il parle d’OGM. Sommes auxquelles il faudra ajouter en temps voulu le coût du bouclier fiscal, qui ne devrait pas non plus être négligeable. Alors on peut se dire que ces projets ont des visées électorales et qu’une fois l’Assemblé bleutée, on reviendra à plus de raison, mais en attendant…

Je ne questionne pas les mesures en elles-mêmes (je suis d’accord avec la première par exemple), je m’interroge simplement sur la multiplication des cadeaux auxquels il faut trouver un contre poids si l’on ne veut pas laisser le déficit filer. J’ai entendu Copé affirmer que les économies viendront de la rationalisation de l ‘administration. Je n’ai pas envie d’être méchant, mais c’est un peu l’argument fétiche des tous les politiques, de gauche comme de droite, depuis des décennies. Depuis, on a dû en faire des économies ! Peut être que Sarkozy voyait déjà poindre les soucis lorsqu’il a refusé la grâce présidentielle aux contrevenants et autres, voilà une technique pour se refaire quand on a tout perdu au casino de la campagne pour les législatives.

A l’heure actuelle, au regard des choix du gouvernement, il faut s’en remettre à Keynes pour espérer une fin heureuse. En effet, les deux politiques précitées touchent aux salaires et visent à renforcer le pouvoir d’achat des français. Leur raison d’être repose sur une logique bien économique du cercle vertueux: hausse du pouvoir d’achat, hausse de la consommation hausse de l’investissement et pour finir croissance économique. Un seul grain de sable dans la machine (hausse des importations comme en 83, épargne des valorisations de salaires, investissement des entreprises à l’étranger…) et toute la machine se grippe. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts…

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