vendredi 8 juin 2007

Quand la gauche parle économie

DSK est décidément très prolixe ces derniers temps… Après avoir présenté son programme pour la refondation de la gauche, il a récemment publié, sur son blog, une ébauche de programme économique.

L’économie est un pan de la politique que la gauche a trop longtemps refusé de considérer, ou l’a fait sans accepter de prendre en considération la réalité et le monde changeant. Or il s’agit aujourd’hui d’un enjeu clé pour la France et le Français. Ségo a fait les frais de cette ignorance, les électeurs lui reprochant notamment le vide de son projet économique.

DSK a le mérite de s’y atteler. J’aurais quatre petites remarques à faire sur ses arguments.

Sur la mondialisation d’abord. Le développement qu’il en fait renvoie directement aux idées développées par les archanges de la « troisième voie », Giddens, Brown et Blair. Le constat qu’il fait est tardif mais salvateur et je vous renvoie à mon post sur le sujet pour aller plus loin...

Sur le social dans l’économie. Accepter de lier économique et social, faire en sorte que chacune de ces forces supporte l’autre, c’est enfin comprendre que les forces en jeu dans l’économie, nationale et mondiale, ne sont pas toutes néfastes à notre modèle social. Il faut apprendre à appréhender ces forces, les comprendre et enfin les réguler. En sens inverse, une politique sociale bien menée a toujours des effets positifs sur l’économie et je vous renvoie à l’article pour les exemples.

Sur les politiques durables. Il n’est pas le premier à faire cette proposition. Je l’ai en effet lue dernièrement dans le livre de Rocard (qui le disait déjà il y a de ça 20 ans) mais je suis sûr que par avant, de gauche comme de droite, nombre de personnes se sont rendues. Il est aberrent de voir que ce que chaque gouvernement fait en premier en arrivant au pouvoir, c’est souvent de démonter ce qu’a fait le précédent. Il est impossible en France de s’inscrire sur la durée, comme ont pu le faire Blair et Brown. Les dirigeants préfèrent aux politiques structurelles qui modifient en profondeur l’économie et dont les premiers effets se font sentir sur le long terme, les politiques conjoncturelles, les effets d’annonce dont le résultat est rapidement visible et peut être placé comme argument électoral. Il ne s’agit pas de satisfaire les besoins de la France, mais de marquer rapidement quelques points pour l’échéance politique suivante.

Finalement, sur la question du modèle social. J’adhère, j’adhère et j’adhère à nouveau. La gauche mise tout sur la distribution répartitrice. Il en faut c’est sûr, mais il convient surtout de prendre le mal à la racine et de mettre en œuvre des politiques sociales préventives, tendant à renforcer l’égalité dès le plus jeune âge. C’est pour cette raison qu’il faut absolument investir dans l’éducation, moteur de l’ascenseur social. Beaucoup de problèmes actuels trouvent leurs sources dans les lacunes de l’accompagnement des jeunes : violence, chômage, sectarisme… Ce n’est évidemment pas la solution à tous les maux mai il s’agit d’un élément primordial pour l’avenir.

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